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Quatre enfants furent enlevés à leurs parents. C’est ainsi que la Justice les a aidés.

'' Quatre enfants furent enlevés à leurs parents '' … C’est ainsi que la Justice les a aidés.


Une famille comme beaucoup d’autres. Quatorze ans de mariage heureux qui « dure », Jules et Martine. C’est une deuxième expérience pour lui. Elle ? Elle est plus jeune, ils ont un lointain lien de parenté, ils se connaissaient depuis longtemps ! Ils ont aujourd’hui quatre enfants de 12, 10, 7 et 5 ans. La vie se déroulait normalement pour des enfants entourés d’amour et de soins, changeant de maison quand il fallait plus de place, mais aussi d’école.

En 2004, la sœur du père de famille décède d’une longue maladie, laissant un petit garçon de 12 ans, Roland. L’enfant a été victime d’attouchements par son père, déchu par la Justice de son autorité parentale. On imagine aisément que l’enfant devait avoir sa place en milieu hospitalier psychiatrique, sous protection judiciaire.

La mort de cette maman est un coup de tonnerre dans le ciel de cette famille très émue du sort de Roland. D’un seul élan, ils décideront d’avoir une responsabilité à prendre vis-à-vis de lui dont ils restaient la seule famille. Les enfants se réjouissaient à la perspective d’accueillir un grand frère. Ils étaient loin de se douter qu’ils entamaient le parcours du combattant et des désillusions qui les attendaient.

Pendant dix-sept mois de rencontres, week-ends puis vacances avec Roland, mais aussi réunions, entretiens, audiences, inspections… c’était le « parrainage », la préparation à son intégration, à son nouveau milieu. Martine et Jules remarquent l’état végétatif dans lequel le gamin se trouve. Ils sont horrifiés par la lourdeur des médicaments qu’il ingurgite. C’est Noël, en 2005, Roland paraît heureux et calmé dans sa famille. Jules et Martine organisent un suivi pédopsychiatrique et logopédique, ils l’inscrivent aux classes vertes de son école et c’est le commencement de la fin : il s’y montre insupportable, agresse une surveillante et démolit le matériel. A la maison, c’est pareil. Les faits deviennent de plus en plus graves et il s’en prend aux enfants. Quand il essaie d’étouffer les deux plus petits, Jules le signale au Procureur du Roi le 2 avril 2007, demandant le renvoi de Roland en Centre fermé. Aucune suite n’est donnée à cette demande et c’est l’escalade : automutilation, plaintes de son école, désobéissances et violences de plus en plus importantes vis-à-vis des enfants de la maison, surtout du plus petit (4 ans) qui en reste fortement marqué.

Moi, je n’ai plus de maman, dira Roland plus tard à l’ainé, mais je sais ce qu’il faut dire au Juge pour que tu ne voies plus la tienne !


« Moi, je n’ai plus de maman, dira Roland plus tard à l’ainé, mais je sais ce qu’il faut dire au Juge pour que tu ne voies plus la tienne ! ».

En octobre 2008, c’est à David (6 ans) qu’il s’en prend en le poussant dans l’escalier et cette chute provoque des hématomes sur tout le corps du petit, que l’école constate aussi, évidemment. Mais les soupçons des institutrices se portent …sur la maman, malgré les dires de l’enfant, affolé, qui exprimait ses craintes vis-à-vis de Roland.

Ces dames chargeront même les parents en leur reprochant de ne pas assister aux réunions de parents et d’un mauvais entretien corporel de leurs enfants, surtout de David qui souffrait, justement à ce moment, d’une maladie provoquant une diarrhée. Jamais, on n’a cru que les enfants souffraient de la présence de Roland !

Au contraire, les responsables du SPJ que le Tribunal a chargés « d’encadrer » la famille reprocha aux parents de « jeter Roland comme une vieille chaussette, de n’avoir aucun sentiment pour lui » etc…et cherchèrent à leur imposer de reprendre à nouveau le jeune garçon. Les parents refusèrent, pouvaient-ils continuer à exposer leurs enfants à la perversité de celui auquel ils avaient offert une famille, croyant l’aider ainsi à évoluer sainement dans la vie ? Ils devaient se rendre à l’évidence, c’était un échec très dur.

« La Mouette » a cru que le Tribunal et autre SPJ allaient aider cette famille à se remettre sur les rails. Mais non !


Les parents furent même accusés de violences et de mauvais traitements à l’égard de leurs propres enfants et, sans aucun ménagement, on les leur enleva. Ils furent placés tous les quatre. « La Mouette » soutint ces parents qui ne savaient plus à quels saints se vouer…

On parla d’agressions sexuelles par Roland sur les trois plus petits et sur une petite amie. Il n’en était rien, mais dans l’esprit de ces enfants, quels dégâts psychologiques s’ajoutèrent-ils à toutes les perturbations déjà endurées?

''Je te ferai la peau…'' cria-t-il en flanquant son poing dans une armoire de la salle d’audience.


Jules, désespéré devant le rapt de ses enfants qui ne voulaient de mal à personne, élevait le ton, il ne parvenait plus à se faire entendre, il menaça le Juge qui faisait office de porte-parole des décisions prises collégialement. « Je te ferai la peau… » cria-t-il en flanquant son poing dans une armoire de la salle d’audience. La Juge, habituellement compréhensive mais très surprise, dut se retirer du dossier par décision du Tribunal.

Martine elle-même, eut du mal à calmer son mari quoiqu’elle ne soit pas du tout la femme battue qu’on avait dépeinte … Elle arrive même toujours à imposer le calme à son homme soupe-au-lait, qui a plutôt la tête près du bonnet quand il s’agit de sa progéniture !

Sans aucun accord des parents, les enfants sont « placés » en 2010 pour des faits dénoncés en 2007 à la Justice, faits qui perturbaient enfants et parents, lesquels n’avaient aucune idée de la dangerosité de l’enfant qu’ils accueillaient chez eux avec toute leur affection.

Après ces événements, il est clair que les parents se montrent dociles et qu’ils reçoivent aimablement toutes les visites proposées… SPJ, SAJ, délégués d’hôpital, des centres d’accueil et tutti quanti, pour constater quoi ? –« Que ma maison est propre et bien rangée » répond Martine et elle ajoute : « Ma maison n’est d’ailleurs pas mieux rangée ni plus propre que d’habitude… elle est juste trop vide d’enfants… ».

Jules a présenté ses excuses : « Je n’aurais jamais fait de mal à une femme même si elle est Juge ».


N’empêche que cette Juge a dû se retirer de l’affaire et c’est bien dommage. Le Juge n’est-il pas le professionnel dans l’affaire et censé imposer la sérénité qui l’habite aux justiciables ?.

Mais les vacances sont là, les parents veulent toujours que les enfants reviennent « chez eux », at home. Pas si vite ! La Justice n’est pas pressée… Pourtant, il y a les avis des éducateurs, des gens qui s’occupent directement des enfants et qui viennent expliquer ce qu’ils vivent, ce qu’ils entendent, ce qu’ils voient. A l’unanimité, les enfants sont polis, gentils, bien élevés, ils souffrent de la séparation d’avec leurs parents, ils ne comprennent pas les raisons de cette situation qu’on les oblige à subir. Ils aiment leur parent qui leur rendent bien leur amour et qui essaient par tous les moyens de les consoler, qui restent bien présents et très attentifs malgré l’absence. Parfois même, en sollicitant la clémence des responsables pour allonger un peu les rencontres…

Ils ont dissuadé leur aîné de fuir, de fuguer, ils l’ont convaincu de bien suivre les cours, d’y consacrer toute son attention… et le bulletin est brillant. Devant l’hésitation de la Justice à leur rendre les enfants, Martine et Jules ont obtenu qu’on réunisse la fratrie : ils reviennent les week-ends à la maison, mais le retour du dimanche soir est dur, insupportable…

Maintenant que la situation paraît claire, qu’il s’est avéré que ces parents ne sont pas moulés dans les mêmes formes que d’autres plus attentifs au « Paraître », qu’ils sont plus susceptibles aux remarques relatives à l’éducation qu’ils donnent aux enfants et qu’ils sortent leurs griffes quand ils ressentent la moindre attaque contre leurs petits, pourquoi encore tergiverser pour réunir la famille ? Elle (la famille) a montré sa bonne volonté en demandant elle-même l’aide des Services d’une logopède pour leur petite fille, qu’elle avait déjà demandé précédemment, mais en vain…Le SPJ l’avait fait transférer à l’hopital car la gosse avait frappé la petite fille de la famille d’accueil où on l’avait « placée » ! Mais… n’était-ce pas une réaction normale de la part de cette enfant qu’on venait d’arracher à ses parents, à elle ?

Jules et Martine ont décidé de rassembler leurs quatre enfants dans le même institut scolaire et les ont déjà inscrits à la ville la plus proche, cet institut rassemble tous les types d’enseignement.

« La Mouette » continue de soutenir cette famille tout en se remémorant d’autres cas de placements abusifs d’enfants


« La Mouette » continue de soutenir cette famille tout en se remémorant d’autres cas de placements abusifs d’enfants qu’elle s’était permis de signaler au Délégué des Droits de l’enfant de ce moment-là. Ces enfants, comme ceux-ci, furent placés sans aucun accord des parents, ni en dépit des droits de chacun d’eux. Il faut savoir, quoi qu’on en dise, que la signature des parents n’est PAS indispensable pour un placement d’enfant car dans le cas qui nous préoccupe, la Direction du SPJ comme la Présidence des Référés l’ont fait.

Bien sûr, des Centres d’accueil doivent exister pour les enfants sans famille ou maltraités et aussi pour les délinquants, mais de grâce, dans des cas semblables à celui des enfants de Jules et de Martine qui ne sont ni criminels, ni maltraitants, laissons-les dans leur famille, c’est le droit sacré des enfants. Espérons simplement que nos quatre petits bouts concernés oublieront leur lamentable aventure… car elle n’est, hélas, pas finie.

Il vient d’être décidé qu’ils rentreront à la maison tous les quatre aux week-ends, et nous en sommes au second, et si ça reste une fête d’être ensemble avec maman et papa, ceux-ci vont de découverte en découverte, chaque fois abasourdis par ce qu’ils entendent !

L’avocate des enfants, nommée par la Justice, ne les avait jamais vus ( !). Sur cette remarque faite par les parents, Madame l’avocate est allée voir l’aîné des enfants et lui dit : « Les trois garçons rentreront à la maison mais pas votre sœur ! ». La réaction fut immédiate « eh bien, je resterai ici moi aussi, et mes frères aussi. D’ailleurs, je vais écrire au Juge et à la Mouette ».

Au retour du dimanche soir, c’est la même pagaille : l’aîné vomit en arrivant à l’Institut, les autres pleurent et traînent… Ils ne veulent plus rester enfermés. Les Educateurs sont consternés « Pourquoi sont-ils ici ? Ils n’y sont pas à leur place ! ». Même chose pour leur petite soeur : « Elle sera mieux soignée chez elle » constate le Directeur de l’Institut où elle est placée « on ne peut rien faire que les calmer ! »

Ces enfants subissent les conséquences des longues vacances judiciaires, administratives… Qui va signer leur « billet de sortie » ? (à suivre…)


(Suite...) Les trois garçons sont rendus à leurs parents, mais la vie familiale n’a pas repris son cours : leur sœur est toujours retenue en institution.Ci-après, voici comme promis la suite que constitue copie de la lettre envoyée au Juge concerné :

Monsieur le Juge,

Les parents de la petite fille nous demandent de les assister dans la présente requête.

Une succession d’erreurs graves ont conduit leur fille Laura en institution. Cette enfant traîne un léger retard mental qui nécessite l’environnement familial naturel qui est le sien, auprès de parents attentifs et trois frères tout aussi soucieux de l’évolution harmonieuse de leur sœur. Aujourd’hui, il appartient à la Justice de réparer d’urgence les dégâts commis par le S.P.J.

Les enfants furent enlevés à leurs parents par huit policiers dans le but d’être placés. La cause, c’est Roland, jeune homme accueilli par ces parents ayant le sens de la famille car il est le fils de la sœur de Jules, décédée d’un cancer. Son père est déchu de ses droits. Le gamin était très difficile et de ce fait perpétuellement drogué à l’Institut où il était placé à ce moment. Chez Jules et Martine, Laurent fut heureux, mais un jour, il redevint insupportable et dangereux, à l’école comme à la maison.

Il fallut le re-placer pour protéger ses cousins, ce qui mit le SPJ en colère : « Vous le traitez comme une vieille chaussette à jeter » fut un des propos entendus par les parents qui demandaient de l’aide, ou bien « Si vous ne collaborez pas, vous perdrez vos enfants ». Ceux-ci furent questionnés à tour de bras et extrêmement traumatisés. Après les actes de violence perpétrés par Roland à leur égard, ce fut le pompon ! Le plus petit en fit des diarrhées sèches et malodorantes qu’il ne pouvait retenir et qui indisposèrent leurs institutrices qui s’y mirent à deux pour se plaindre des enfants et de …leurs parents. Personne ne comprit qu’il eut été préférable de calmer le jeu car ces états de frayeur chez les enfants avaient un nom : Roland. Alors, pourquoi placer ces gosses ? Pour punir les parents perdus dans leur impuissance à empêcher cet acte, horrible à cause de son inadéquation ?

Les trois garçons viennent d’être rendus à leurs parents. Pas leur sœur.

Explication : placée dans une famille d’accueil où les parents avaient une petite fille, elle a frappé cette enfant … « parce qu’elle est très méchante », dixit le SPJ. Aucun de ces spécialistes n’a pensé à la profonde tristesse de la gamine, au sentiment d’abandon qu’elle éprouvait et à celui de jalousie devant le bonheur de la petite fille qui avait, elle, ses parents.

On la transporta à l’hôpital qui fit son travail et ne trouva rien qui justifiait pareil comportement. L’enfant retrouvait là un brin de sécurité mais gardait, évidemment, son handicap. Alors, ce fut un autre hôpital : rien de probant à part son handicap. Cela devenait gênant et un délégué du SPJ fut chargé de la conduire à l’Institution. Pourquoi ? Tout cela fut fait sans le moindre accord, ni verbal ni signé des parents. De plus, la petite fille n’y est pas à sa place, elle ne possède pas le système de défense d’un autre enfant devant les agressivités, même légères, de ses compagnons. Au demeurant bien gentils : ils l’aident à faire son lit, à se conduire correctement à table, à faire sa toilette, ils l’accompagnent à l’école… mais ces choses là, il y a belle lurette qu’elle les faits à la maison.

Après les cours, c’est le moment des jeux et tous ces enfants sont à l’âge où ils « se forment ». La petite fille, plutôt douce, ne peut pas être formée comme les autres avec lesquels les éducateurs doivent se montrer plus durs. Et puis, à l’âge de la puberté, c’est de sa mère dont elle a besoin, grand besoin.

Elle a perdu 8 kilos (huit), dans cette aventure alors qu’elle n’en avait pas un de trop.

Après son dernier week-end à la maison, elle a fait une violente crise de nerfs en rentrant à l’Institution. Ses frères ? Ils restent stressés et une sérieuse thérapie est envisagée. La petite est inscrite dans une école adaptée à son handicap, mais sera-t-il permis de dépasser la date officielle limite des inscriptions, le 10 octobre ? Mais vous le savez déjà, Monsieur le Juge.

Toutes ces erreurs commises au détriment de l’enfant, comme de ses frères, nous sommes persuadés que vous aurez à cœur de les faire réparer, Monsieur. Nous ne pensons pas que vous laisserez faire de cette petite fille une nouvelle victime d’enjeux administratifs.

Un autre petit détail que vous ne connaissez pas, Monsieur le Juge, c’est que l’aîné des garçons est effrayé lorsque quelqu’un frappe à la porte de son école… « Et si c’était la police qui vient me chercher ? » .

David, pleurant : « Si elle ne revient pas, je ne travaillerai plus ». Déjà l’âme d’un syndicaliste ? Mais a-t-il d’autres armes ?

Nous croyons en votre humanisme et nous vous assurons, Monsieur le Juge, de toute notre considération. (à suivre)





















Le 17 décembre 2010.

Voici la suite promise. Hélas, la fin ne sera pas un cadeau de Noël ! …



Monsieur le Procureur du Roi,

Monsieur le Juge a dû refuser d’émettre un jugement quant à la petite sœur des trois garçons, , il n’était pas en possession d’un rapport dressé par le Centre où la fillette est placée : Madame la Directrice du SPJ ne le lui avait pas transmis, elle avait oublié de le faire. Cela peut arriver à tout le monde, mais inutile d’insister, nous croyons que ce rapport est fait en faveur des parents : ils l’affirment car ils ont pu le lire. Les quatre lignes ajoutées de la main de Madame la Directrice sont éloquentes : elle menace de réduire encore les contacts de L. avec ses parents, et mieux, de la placer en psychiatrie. Aucun représentant du Centre n’était présent au Tribunal.

Le médecin-directeur de l’Hopital (U.C.L.) où la fillette a subi les examens prescrits a écrit en accompagnement du rapport médical : « Le Docteur Laf. est le meilleur Conseiller : Roland est écarté, donc la petite fille doit rentrer chez ses parents ». Le Docteur Laf. est le médecin de la famille qui suit l’enfant depuis sa naissance.

Seul le SPJ est d’un avis contraire, serait-il plus compétent en la matière que des docteurs en médecine, spécialistes de surcroît ? L. décline, elle a maigri de dix kilos depuis qu’elle est en institution, dix kilos ! Et ça n’a l’air de traumatiser personne. Même les éducateurs préfèreraient la voir retourner dans sa famille. Quand on lit noir sur blanc qu’il est unanimement reconnu par les médecins spécialistes qui l’ont examinée que cette enfant est en demande permanente d’affection, où pensez-vous, Monsieur le Procureur du Roi, qu’elle en trouvera le plus qu’auprès de ses parents et de ses frères ?

Probablement et même sûrement, sinon c’est à désespérer, le Tribunal ne connaît pas les détails de la vie actuelle de cette enfant, dans un milieu adapté à d’autres enfants souffrant de maux d’un tout autre genre. Nous ne citerons que les derniers faits en date : elle s’est fait battre dans l’autobus. Elle est légèrement blessée à l’œil et ses lunettes sont cassées et perdues. Ces lunettes très spéciales et munies d’un cache sont très correctives, c’est-à-dire que la fillette ne voit plus grand’chose… et ses lunettes ne sont pas encore remplacées.

Ses notes à l’école étaient bonnes, du moins jusqu’à début novembre car les parents n’ont revu ni bulletin ni même sa malette qui contenait à ce moment-là une vieille tartine moisie.

Les chaussures de la fillette sont devenues trop petites, elle avait des engelures. Ses parents l’ont fait remarquer : il n’est pas permis qu’un enfant, même en institution, puisse aller ainsi, il faisait déjà si froid en novembre.

Le Tribunal appréciera sans aucun doute de savoir que les frères de L. vont bien, à l’école comme à la maison. L’ombre au tableau est l’absence de leur sœur, ils restent marqués par la scène de leur enlèvement par la police, sursautant au moindre coup de sonnette, ils ont peur que cela se représente à cause de leur sœur : « Je veux qu’elle revienne et qu’on aie la paix »…c’est un leit motiv.

Toutes ces perturbations ont des répercussions très fâcheuses : le manque d’argent et la santé de la maman souffrant d’un mauvais fonctionnement de la glande thyroïde. Les voisins se souviennent de la scène qui les a perturbés et le propriétaire de leur maison n’est plus payé : la famille doit vider les lieux dans les trois mois, les parents n’osent pas le dire aux enfants.

Nous pensons que c’est plus qu’il en faut, Monsieur le Procureur, il y a trop longtemps que ni Monsieur le Juge en charge du dossier ni vous-même n’êtes tenus au courant de tous ces éléments. Il y a un trop grand manque d’attention, de cœur et d’humanisme dans ce dossier. Il faut appliquer les règles du jeu, mais peut-on vraiment rester insensibles à cette misère d’enfants ? Et permettre à des Services, même officiels, de juger eux-mêmes des décisions à prendre in fine ?

Notre intention n’est pas de vous importuner, Monsieur le Procureur du Roi, mais nous faisons confiance en votre compréhension. Nous espérons que vous nous lirez et que vous pourrez vérifier nos assertions afin de prendre les mesures de plus en plus urgentes que la fillette nécessite.

Avec toute notre considération, nous vous souhaitons, Monsieur, un Noël heureux et serein.

Suite promise

Les trois garçons ont réintégré le cocon familial, retrouvé leur école et ne comprennent pas ce qui leur est arrivé. Ils sont devenus plus turbulents, ils ont peur de cette « Justice » qui a décidé de les séparer et qui a envoyé des policiers les enlever à leur famille. A l’école, en rue, à la maison, ils sursautent quand on toque à la porte ou à la vue d’un uniforme et cherchent à se cacher.

Le nuage noir qui reste accroché à leur ciel, c’est Laura. Pourquoi ne revient-elle pas à la maison, pourquoi est-elle toujours enfermée, elle, si douce dans cette institution où l’on est censé essayer de civiliser des gosses agressifs, à la limite de la délinquance, et même délinquants d’ailleurs. Elle y apprend des vilains mots et de la brutalité. Il y a six mois qu’elle n’a plus de lunettes, vous vous souvenez qu’elle s’est fait bousculer dans le bus qui la menait à l’école, elles sont tombées et écrasées… Six mois qu’elle ne voit plus grande chose sauf si elle se colle à ce qu’elle veut voir. Six mois que malgré les réclamations des parents, on n’a pas le temps de la conduire chez l’ophtalmologue ( le week-end, pas de consultation ! ). Le père, excédé, a pris un rendez-vous et, tant pis, elle ne retournera pas à l’Institut ce jour-là.

Pourquoi la garder à l’Institut, pour la soigner de cette « maladie » qui est un retard moteur et que les parents sont parfaitement capables d’y faire face depuis la naissance de la petite fille ? Soigner cette « maladie », malgré le diagnostic d’un éminent pédopsychiatre d’hôpital universitaire confirmé par le médecin de famille, à savoir que le meilleur remède est le milieu familial.

Nous avons aussi prévenu que la famille serait bientôt sur le trottoir faute d’argent. Eh oui, les allocations familiales ont été sur-le-champ versées aux Instituts dans lesquels les enfants étaient placés. En vertu de quel raisonnement ? Sans doute que les enfants ne rentreraient plus dans leur famille et qu’une cabane serait bien suffisante aux parents…Hélas, nous en sommes là. La dette a eu le temps de gonfler, la famille a reçu deux pièces du CPAS en attendant une maison sociale.

Il y a pire, nous avons alerté le Tribunal que la maman sombrait dans une dépression de plus en plus grave. Alors, à bout, elle vient de plaquer le mari qu’elle ne supporte plus et ses enfants qu’elle espère reprendre, du moins à temps partagé lorsqu’elle aura trouvé à loger et travailler.

Le père ? Tout aussi méconnaissable, il gère comme il peut : il a inscrit ses enfants à l’école dans un internat. Difficile d’expliquer la situation aux enfants : la différence de placement et le départ de leur mère. Les enfants ne comprennent plus rien.

C’était une famille unie qui venait de fêter les quinze ans d’un mariage heureux…
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