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2017.04 - Moi, mère désenfantée...

Je viens d'apprendre que le SPJ fermait mon dossier. Mon fils a quinze ans et les Services Sociaux et autres AMO, Centres de rencontres, Tribunal de la Jeunesse ou Centre de Guidance ne sont jamais parvenus à rétablir la moindre relation entre nous, ni à fortiori d'organiser des rencontres mère-fils. Pourquoi ? C'est la vengeance de son père.

En mai 2013, après 17 ans de mariage et trompée par lui depuis treize ans, j'avais succombé à la gentillesse d'un autre homme, à cette tendresse qui m'était refusée chez moi. Et en cette belle nuit de mai de grande discussion, je suis partie. Mon fils avait treize ans.

J'avais déjà essayé de quitter ce mari, père de mon fils, et j'y avais renoncé car je ne parvenais pas à l'emmener. Mais, cette nuit de mai, j'étais proprement mise dehors, et cela ne lui suffisait pas, il alla éveiller notre fils, et lui montrant la place vide dans notre lit, il lui dit : "Regarde, ta mère a fichu l'camps, pour un autre homme".

Mon calvaire commençait. Je n'ai jamais arrêté de me battre, mettant d'abord toute ma confiance dans nos Services Sociaux dans 
le but de revoir mon enfant. Hélas ! je me suis vite rendu compte que je faisais fausse route : j'ai bien du constater qu'eux aussi étaient désarmés devant le charme de cet homme et son pouvoir de persuasion. C'est ce qu'il fait de mieux : n'importe quoi pour obtenir ce qu'il veut. Il m'avait d'ailleurs prévenue "tu ne le reverras plus !". Je n'y ai pas cru, j'étais persuadée qu'il y avait une Justice, mais je me suis fourré le doigt dans l'oeil jusqu'au coude : je suis orpheline de mon fils et je n'en guérirai jamais.

Bien sur, il y eut plaintes à la Police, Tribunal et expertises. Bien sur, David (appelons-le David dans ce témoignage) m'écrivait le 
9 juillet 2013 "maman, reviens, j'ai besoin de toi". Bien sur, il y eut des rencontres ordonnées par la Juge au Mac Donald.. où je l'ai attendu en vain, car enfin, cette Juge avait décelé l'aliénation parentale dans les propos du père, ce que "la mouette Belgique" dénonçait depuis notre séparation.

En janvier 2014, à l'espace-rencontres, David se bouchait les oreilles et regardait le mur... quel échec ! Lors des rencontres prévues  avec le SPJ, il arriva en retard et ne voulait rien entendre... 

Tout le monde finit par reconnaître les manipulations de son père. Une Psychologue raconta qu'au cours de sa visite chez lui, David serrait mon petit chien contre lui, très fort, lorsqu'on parlait de moi et qu'il était tremblant et angoissé... mais personne n'a été capable de nous réunir. Pouvait-il déplaîre à son père ?

Je n'ai jamais eu connaissance des résultats scolaires de David  sauf lorsque je suis allée les chercher moi-même. Non, personne n'a été capable de contrarier Monsieur le père de mon fils. Je me souviens cependant combien il le rabaissait, et que jamais il ne l'a mis en valeur ! Madame la Juge avait même remarqué que David répétait systématiquement les réflexions de son père.

Notez qu'il a été question de le placer dans une Institution pour le soustraire à ces manipulations... Papa n'était pas d'accord et cela ne s'est pas fait.

Mon fils accomplit la vengeance que son père me voue. Quoi de plus facile à convaincre qu'un enfant auquel on répète que sa mère l'a abandonné, qu'elle n'est pas celle qu'il croit, une bonne à rien... David est couvert de jouets, de jeux, et il vit dans une belle maison.
Son profil sur facebook ? Une arme qui tire dans la piscine. Il fréquente les stands de tir avec son père.

L'amour de sa mère lui manque-t-il ? Oserait-il le dire ?  David a grandi. On me dit qu'il est trop grand (!)  pour entreprendre de nouveaux essais de retrouvailles avec moi . On est revenus à la case départ, malgré l'accord de David de procéder à une médiation... que papa a refusée.

J'étais démolie, mais je ne pouvais pas abandonner, c'était au-dessus de mes forces, je voulais revoir mon fils, il me manquait tant.

En 2016, je suis allée en Correctionnelle. 

Voici la sentence du Juge après avoir écouté le père de mon fils, avec grande attention : "Vous mentez, Monsieur. Si votre fils ne voulait plus la voir, il fallait le prendre par le bras et le conduire, à sa mère...".

Il est condamné, sévèrement, il frôle la prison. Il a amené David, comme il l'a fait quand la Juge l'y obligeait. Il arrête sa voiture devant chez moi et ouvre la portière arrière, où mon fils est assis : Voilà ta mère, tu veux la voir ?  Et David répond, invariablement sans me regarder,  les yeux fixés devant lui ...NON.

Pourquoi doit-on en arriver là pour espérer que justice soit rendue ? C'est trop tard. L'enfant grandit pendant toutes ces discussions, ces disputes devant les Tribunaux, dans les espaces rencontres, avec les psychologues, avec les avocats et les autres... L'enfant en a marre et Dieu sait quelles bêtises il est capable de faire ! ... et quelles maladies, mentales et autres le guettent ?
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