L’histoire de la petite L.N. (Témoignage)

Même dans le pays de Liège, verdoyant, souriant, où il fait bon vivre, il y a des enfants malheureux qui ne comprennent rien à ce qui leur arrive, qu’on puisse leur faire du mal, qu’on n’arrive pas à consoler, qu’ils peuvent être innocents et harcelés par la Justice. Quelle idée s’en feront-ils de cette Justice qui permet aux enfants d’être malheureux, qui permet « tout cela »… car ils n’oublieront pas.

Mais, de quoi s’agit-il ?

La jolie petite L.N. est née là où papa, maman et un grand frère de six ans l’attendaient. C’était le bonheur complet autour de cette enfant rieuse aux yeux clairs pétillant de joie. Bonheur complet, hélas combien éphémère ! Il n’a pas fallu longtemps à papa pour quitter le foyer où il était d’ailleurs le second papa. Celui du grand frère avait aussi quitté ce foyer, y laissant le garçon. On ne l’a plus revu : c’est juste ce que voulait maman. Voulait-elle faire subir le même sort au second ? Eh bien oui.

Sauf que ce papa-ci ne voulait pas se séparer de sa petite fille et ce fut le divorce. Quand on a partagé les biens, elle se retrouva chez papa mais priée de passer aussi du temps chez maman comme il est de règle. Trois ans passèrent et tout allait bien. Enfin, relativement bien. On était loin d’imaginer l’avenir qui se dessinait.

Papa commença à s’étonner de l’humeur maussade d’L.N. quand elle revenait de chez maman : regard sombre, enfermée dans un lourd silence, elle se vautrait sur le divan, le visage enfoui dans les coussins. Sans doute, fallait-il qu’elle s’habitue à son changement de vie, il n’est pas naturel à un enfant de cet âge de devoir partager sa vie entre maman et papa.

La petite fille était désemparée, on consulta même le médecin et on remarqua des symptômes bizarres qui inquiétèrent : maux de ventre, rougeurs et plaintes répétées amenèrent les réponses aux questions qu’on se posait : l’enfant était devenue le souffre-douleur de son demi-frère, les propos qu’elle tenait à ses cousines étaient sans équivoque, mais, sous menaces du garçon, elle ne pouvait rien dire à papa ! Le Tribunal décida que les visites de la petite fille à sa mère devaient se passer en l’absence du garçon. Il faut savoir qu’à la petite école fréquentée par les deux enfants, il se montrait exécrable : il apportait des images pornos, racontait le film du même genre qu’il avait regardé la veille à la télé, il se mettait un paquet de frites dans le pantalon, soulevait les jupes des filles et pérorait… Bref, il avait grandement besoin d’être canalisé par une thérapie que nous croyons qu’il n’a pas eue. Les parents des enfants qui racontaient ses frasques à la maison étaient excédés.

Puis, lors des visites d’L.N. à sa maman, il était à nouveau présent, il entraînait la petite fille dans une chambre ou au jardin et reprenait ses jeux malsains. A son retour à la maison, elle suçait son pouce et parlait comme un bébé, il fallait chaque fois appeler un médecin. Un Psychiatre de Saint-Luc conseilla à papa : « déposez plainte, déposez plainte… ! ». Maman ne bronchait pas, elle niait ces faits. Alors, les plaintes furent déposées et le Tribunal ordonna que les rencontres mère-fille devaient avoir lieu dans un Centre adéquat. C’est la loi, mais le calvaire d’L.N. allait s’amplifier.

D’abord, les spécialistes du S.P.J. la harcelèrent pour lui faire « avouer » qu’elle avait menti, que son demi-frère n’avait pas fait de sales choses sur elle… Puis, on l’hospitalisa pendant trois semaines (oui, vous lisez bien : trois semaines) dans un service S.O.S. enfants à Montegnée pour la faire parler, or L.N. était sous le coup de menaces : « Elle a dit que si je racontais encore, mon papa ira en prison et je ne le verrai plus… ». Elle, c’était la grand’mère maternelle. Quant à maman, elle refusait catégoriquement de se livrer ainsi que son fils, à toute expertise, médiation et thérapie, malgré les attitudes équivoques de ce dernier à son école, son penchant pour les histoires pornos et les plaintes des parents.

L’acharnement de cette mère à vouloir faire « placer » sa fille en institution et à « couvrir » de la sorte les agissements de son fils est incompréhensible. Est-elle aveugle à la souffrance de sa petite fille, sourde aux plaintes de l’école ou bien perverse à ce point ? Elle a déclaré ne pas vouloir d’L.N. chez elle, elle refuse de lui dire « au revoir » lorsqu’elle quitte le Tribunal malgré la remarque de l’avocat, et ce n’est pas tout…

Les rencontres mère-fille se passent donc dans un Centre prévu à cet effet à Liège, un Centre nanti de spécialistes qui ont la confiance du Tribunal… Malgré toutes ces garanties, ces rencontres ne se passent pas bien. L.N. en sort tremblante, elle a peur, elle est infernale. Vautrée dans son divan, à la maison, elle gémit, elle ne veut pas parler et puis ça éclate, le discours qu’on lui fait au cours de ces rencontres tourne dans sa tête : « Et alors, tu avoues ? Eh bien tu seras placée et tu iras un week-end chez papa et un week-end chez maman ! ». Elle vit des moments difficiles qui inquiètent son entourage, son école, son père qui ne sait plus que faire quand il l’entend dire « je veux aller dans le pays imaginaire, retrouver mon chien ! ». Il a cependant sollicité l’avis de professionnels autrement qualifiés pour faire faà cette décision qui se profile régulièrement dans le dossier, qui trouvent ces méthodes pour le moins inconvenantes : il a consulté Mme B. avec laquelle la petite fille évoluait bien en thérapie, mais cette dame fut éjectée de l’ »affaire » par ce Centre en question, puis le Dr L. qu’L.N. voit toujours très régulièrement depuis sept ans, et puis F.C., les Drs M, B., et B., le Dr Ch d’S.O.S. Famille qui lui répétait « Déposez plainte, Monsieur ! ». Papa a aussi écouté des conférenciers sur le sujet, le Pr. H, la Pédopsy C.B….

Nous nous demandons souvent quelles sont les raisons pour lesquelles les Juges font fi des Droits de l’Enfant ? Pour quelles raisons les SAJ, SPJ et autres Organismes officialisés ont le droit de dicter « leur » loi même aux juges ?

Au risque de trop allonger l’histoire d’L.N., je vais aussi vous raconter l’une et l’autre anecdotes qui en disent long : le SPJ et la maman ayant donc décidé de faire « avouer » la petite et qu’elle serait placée, un certain 4 août, l’enfant accompagnée de sa cousine en vacance chez elle, prend peur et pique une crise, elle s’accroche au cou de son père, refusant d’entrer dans une autre pièce avec sa mère et deux professionnelles. Devant maman impassible et souriante, on attrape L.N. par un bras, par une jambe, répondant au père abasourdi qui demande « Mais que faites-vous là ? » … « Vous, partez, nous la tiendrons ! », l’avocat présent à la scène, choqué, intervient : « N’insistez pas ! » et le père écopa d’un NON catégorique à sa proposition de laisser au moins la petite cousine entrer avec elle. Cela s’appelle l’aide à la jeunesse.

Autre anecdote. Maman s’est plainte : « Ma fille me frappe ». Etonnement, consternation générale et inquiétude… quand, où ? La réponse surgit il y a quelques semaines, peut-être deux mois après ce fait confirmé par les dames du Centre. Au cours d’une conversation à bâtons rompus entre la petite et sa grand’mère, cette dernière est amenée à lui demander « Mais je ne comprends pas comment tu as pu frapper ta maman ? » L’enfant s’insurge et se retourne vers elle : « Mais Mamy, tu n’as pas compris, je ne l’ai pas frappée, elle me tire toujours les cheveux (il faut dire qu’elle a de superbes cheveux très longs) et elle me faisait mal, alors j’ai crié et j’ai tapé sa main ». Retournant à ses jeux, elle continua : « Alors, tu penses bien, les autres, là (les A.S. ou psys surveillantes) sont arrivées et « elle » (sa maman) leur a dit que je l’avais frappée… ». Comme perversité, ce n’est pas mal non plus.

La cerise sur le gâteau ? Cette petite fille est obligée d’aller chez sa mère qui l’accuse de mentir depuis 2004 (elle n’avait pas quatre ans), elle continuait à y subir les sévices de son demi-frère, et sous des menaces horribles à ses yeux de gosse, lui apprenait à se masturber. On l’a su parce qu’à la maison, elle le faisait aussi « Il a dit qu’on devait le faire tous les jours… » répondit-elle à la question de sa grand’mère « Que fais-tu là ? »…

Restons-en là pour les détails sordides, mais ils contribuent à mesurer la souffrance de l’enfant, souffrance que les adultes auraient normalement pu empêcher d’aller plus loin que le stade de « jeux d’enfants », malsains d’accord, mais jeux de curiosité quand même.

Une juge, Madame V. l’avait compris dès le début, elle préconisait un traitement thérapeutique au garçon, mais l’a-t-il eu ? Nous ne pouvons que l’espérer car nous craignons pour lui, seize ans aujourd’hui, un avenir susceptible de lui causer bien des ennuis.

Le plus inquiétant, ce sont les prises de position du personnel social sur les épaules duquel pèsent de lourdes responsabilités, beaucoup trop lourdes sans doute. Dans ce dossier-ci, il y va de l’avenir psychique (la vie !) de deux enfants, en est-on conscients ? Ces malheurs auraient dû être évités dès le début, en comprenant la bêtise d’une mère qui cherche à se venger d’un homme, le père d’L.N. (le second, après avoir pris le fils du premier) . Au fait, ce premier mari et père, est-il prévenu des « problèmes » de son fils ?

Le drame, c’est la petite fille. De la dernière rencontre au Centre avec sa mère, elle est à nouveau anéantie. Elle venait d’ apprendre qu’elle allait être placée et qu’elle devrait changer d’école. Or, elle adore son école où elle passe brillamment de 5ème en 6ème à cette rentrée 2011.

Le père d’L.N. est atterré, écrasé par cette nouvelle annoncée triomphalement par la maman, aux aguets d’entendre cinq ou six policiers arriver et enlever sa fille. Bien sûr, il lui est reproché d’être protecteur, fusionnel, manipulateur et tutti quanti …mais comment devrait-il être pour plaire à ces Services sociaux spécialisés (que le Professeur H., sommité belge de la santé psychique des enfants, qualifie de nuls) ? Ne généralisons pas, il est des personnes responsables et compétentes partout. Mais est-on assez attentifs à ces « nominations » surtout politiques dans le domaine si délicat de l’enfance maltraitée ?

Bref, tentant de consoler L.N., le père dit à sa fille :« Ce n’est pas à ta maman de décider cela ». « Qui alors » questionna-t-elle ? Il répondit évidemment : C’est le juge. La suite ne s’est pas fait attendre, L.N. rétorqua « Ah bon, alors je vais lui écrire, mais pas avec toi ni avec mamy. Je veux aller voir la dame qui est venue quand j’étais petite ». Cette dame, c’est moi. L.N. est venue, s’installa à mon bureau et écrivit sans tolérer aucune remarque ni relecture « si on corrige mes fautes, « il » croira qu’on m’a aidée, conclut-elle. » Cette lettre, je l’ai postée moi-même, le 15 août 2010.

Il faut reconnaître qu’Hélène est une enfant bien élevée, avenante et très gentille, elle est très appréciée à l’école, par ses professeurs comme par ses condisciples, elle manifeste un esprit très curieux que son père encourage. Elle a autant d’amis néerlandophones avec lesquels elle s’exprime dans leur langue, que francophones, elle suit des cours de danse, fait de l’équitation. Son père est aussi attentif à son éducation qu’à sa santé, en somme il fait office de père et de mère auprès d’elle, et c’est le lot des parents qui élèvent seuls leurs enfants. On les appellent aujourd’hui les familles monoparentales.

La triste histoire d’L.N. pourrit depuis sept ans. Comment pouvons-nous accepter qu’un enfant souffre aussi longtemps, à rebondissements continuels, devant des « spécialistes du bien-être de l’enfant »… indifférents, ou butés. Traitée de suite avec compréhension, avec du cœur et de la douceur, cette histoire aurait-elle eu lieu ? (à suivre)

« Il n’y a rien de plus fort au monde que la douceur » H. SUYIN.

« La Justice, c’est six mille ans d’erreurs judiciaires » R. BRASILLACH (fusillé en 1945 pour faits de collaboration.)

P.S. : La grand-mère d’LN a lancé une pétition contre les placements abusifs dans les cas similaires à celui de sa petite-fille. Le texte de cette pétition est à la disposition de tous au bureau de La Mouette.

Suite de l'histoire de la petite L.N.:

Madame la Juge décide de son placement en institution. Elle fait valoir que la lettre que l'enfant lui a écrite le 21 juillet n'est pas dans le dossier. Or, cette lettre a été adressée aux Services du Tribunal de la Jeunesse avec prière de la transmettre au magistrat qui allait juger cette affaire car son nom n'était pas encore connu. Copie de la lettre d'L.N. lui est donc envoyée de ce pas.

De plus, elle trouve que le père a trop d'emprise sur L.N. Or, comme ce père attentif à l'éducation et à la sécurité de sa fille, avait déjà entendu cette ineptie, il a vu et consulté pas moins de six spécialistes à ce sujet. Ils n'ont décelé aucune trace de manipulation, ni d'aliénation parentale : copie des tests réalisés en quatre séances par le Docteur L. est donc envoyée au Juge.

Et encore, nous signalons que le dossier qu'on lui a soumis n'a pas l'air d'être complet : la maman ne s'est-elle pas toujours opposée farouchement à tout examen de son fils et à toute thérapie ? Nous trouvons cette attitude irresponsable, très grave pour le jeune homme. Manifestement, si cette dame cherche à faire placer sa fille en institution, le but est de l'arracher à son père, à son milieu,à sa famille paternelle. D'autant plus qu'elle annonce à tout venant : « Je ne la veux pas chez moi ».

(A suivre)


PETITION

Une pétition circule au sujet de L.N. dans le pays de Liège-Waremme. En voici le texte ci-après:

« Les personnes qui signent cette pétition sont unanimes à protester contre le placement en institution d'une petite fille de 10 ans et demi, contre son enlèvement de son milieu familial paternel où elle vit heureuse et épanouie. C'est L.N., elle a une vie sociale bien remplie par ses activités et par ses amis tant francophones que néerlandophones. Souriante et intelligente, ses résultats scolaires sont excellents, elle est bien appréciée par ses professeurs. Elle ne mérite pas de subir un tel traumatisme qui entraverait dangereusement la belle évolution qu'elle a retrouvée chez son père et dans la famille de celui-ci.

Le placement en institution d'un enfant qui a retrouvé un équilibre après avoir vécu des abus sexuels (ici par un garçon plus âgé) et qui continue à subir les harcèlements de son « autre » parent (également mère de ce garçon), et qui persiste à nier ces abus, est inadmissible.

Après chacune des rencontres mère-fille, la gamine sombre dans la peur et le chagrin dus aux menaces qui lui sont faites d'enlèvement, placement, changement d'école... menaces proférées devant les professionnels de l'enfance chargés d'« encadrer » ces rencontres et qui laissent faire.

Le Tribunal de la Jeunesse n'a-t-il pas le pouvoir, et surtout le devoir, de veiller à la sécurité et à l'équilibre que la petite fille a récupérés si difficilement ? Sachez, vous tous qui appuyez cette démarche, que L.N. ne refuse pas de rencontrer sa mère comme le préconise le Tribunal qui veut préserver ce lien ».

Elle est à votre disposition à « la Mouette » : 071.61.57.88 ou 0497/703.903