Histoire de Jacques et de Louis, père et fils

Coup de foudre ? Ou consolation, pour cette femme qui séduisit Jacques ? On n’allait pas tarder à le savoir : dès qu’ils eurent déniché la maison sensée abriter cette complicité qui les unissait… elle le pria de partir. Elle cédait à cet amant précédent, celui qui la consola de son premier mariage à vau-l’eau. Jacques dut céder la place, la mort dans l’âme. En prime, il encaissait les problèmes d’un déni de location.

Ce qu’il ne savait pas encore, c’est qu’il laissait derrière lui un merveilleux cadeau : elle était enceinte et c’était de « son » fils. Hélas, ce qu’il ne savait pas encore non plus, c’est que ce merveilleux cadeau n’allait pas tarder à lui pourrir la vie, la maman de bébé prenait déjà ses dispositions pour l’empêcher de le connaître. Les moments qui devaient être les plus heureux pour lui frisaient le cauchemar, Jacques entrait dans une période noire, très noire.

Le jeune père voulut prouver sa paternité par l’analyse de l’A.D.N. et la Justice décida que son petit Louis vivrait en partie avec lui. Mais, la maman ne l’entendit pas ainsi, gênée par l’amour qui se développait entre eux, elle usa de tous les moyens à sa disposition pour empêcher les contacts père-fils, elle n’hésita même pas à utiliser la plainte ultime la plus abjecte contre le père de son enfant : les attouchements sexuels.

Anéanti, Jacques subit les interrogatoires d’usage, des perquisitions en règle, des enquêtes humiliantes, la saisie de son matériel informatique, outil professionnel nécessaire à son quotidien de professeur, mais surtout la suprême injure, l’interdiction de revoir son fils. Louis avait huit ans. Le monde s’effondrait autour de lui. Le gamin, auditionné par le Juge déclara « mon papa est un pédophile gentil ! » et lui s’en alla consulter une psychologue qui ne décela aucune trace de cette horreur.

Après quelques mois, le dossier fut classé sans suite. Jacques était « blanchi » de toute accusation, il récupérait son statut de père irréprochable.

Mais, l’idée de la monstruosité de cette action, la pensée que son fils allait grandir dans le foyer d’un autre homme qu’on lui apprenait sans doute à appeler « papa » l’aidèrent à se remettre debout et d’entamer la bataille qui se déclarait. Il fallait qu’il retrouve son fils, il fallait regagner l’honneur qu’on lui volait, laver l’injure, la vérité devait éclater : Jacques faisait ses premiers pas dans un parcours épineux et désespérant, celui de « l’aliénation parentale ».

Notez qu’il aurait pu se méfier depuis des mois, par exemple il a fallu un référé pour établir de nouvelles rencontres dans un endroit que la maman voulut choisir, or elle prétextait la moindre excuse pour ne pas s’y rendre. Quant à Jacques, il devait traverser la Belgique pour y aller. Par contre, à son insu, elle avait inscrit Louis dans un autre Centre « Amosa » (comme il y en a d’autres en Belgique) qui n’a pas le droit d’effectuer des rapports pour la Justice car le personnel n’est formé que pour écouter, paraît-il . Là, Louis allait régulièrement. Jacques ne l’a appris que plus tard, lorsque son avocat a pu consulter le dossier..

Pourquoi cette femme s’acharne-t-elle ainsi contre le père de son fils ? Pourquoi est-il devenu l’homme à abattre, l’ intrus dans sa famille ? Lui est-il si difficile d’expliquer à Louis la vérité de sa naissance et qu’il n’a pas deux pères ? Pourquoi cette rage de n’avoir pas réussi à taxer Jacques de pédophilie ? … Et surtout pourquoi n’a-t-elle pas subi de sanction pour cette fausse accusation ? N’est-ce pas un encouragement pour les mères et les pères qui veulent se défaire de l’autre parent de leur enfant ? La Justice doit-elle attendre que le parent accusé en prenne l’initiative ? Serait-ce un délit mineur ?

Jacques n’a pas vu son fils pendant deux ans et huit mois. La maman et surtout son avocat, avaient vite compris comment on pouvait « faire traîner les dossiers » devant le Tribunal. Il faut savoir que dans leur rapports qui parviennent au Juge, des psys (pas tous, tout de même !) parlent du père (ou de le mère) sans l’avoir jamais vu…

Accepter ce système sans rectifier le cours, est un manque total de respect pour l’enfant de la part du Tribunal, comme ne pas faire respecter les décisions prises par exemple. Cela arrive souvent. Le temps qui passe est précieux à l’enfant, comment ré-installer la complicité qui existait entre père-fils après deux ans, dans ce présent dossier ? Difficile de re-instaurer la relation où elle s’était arrêtée! Quel gâchis ! Et tout ce grabuge ira rejoindre les piles de dossiers mis au rancart dans les caves du Tribunal, sans sanction, sans excuses, sans dédommagement… à la grande satisfaction du Juge qui peut fermer un dossier.

Jacques nous raconte comment s’est déroulée la dernière séance où les avocats devaient plaider, ce 15 septembre 2010. Il attendait de ces plaidoiries que Madame ou Monsieur le Juge allonge sa garde de Louis en garde alternée : D’abord, il manquait des chaises, c’est plutôt amusant. Puis les avocats ont déposé leurs dossiers. Les magistrats n’en ont pas mais on jugera quand même, c’est prévu ainsi. –« Il y a quelques années, nous dit Jacques, j’ai vu un juge refuser de statuer dans de pareilles conditions ». Ici, la Juge le fit : sur un ton très bon enfant, elle avertit les avocats qu’ils n’auront qu’un quart d’heure pour plaider. Qu’à cela ne tienne, le temps de plaidoirie inscrit depuis trois mois était de quarante minutes. Bref, les avocats ont quinze minutes chacun pour expliquer une affaire de deux ans et huit mois et la plaidoirie de la partie adverse se termine par une anecdote (qui nous semble plaisante !) : la maman de Louis a vu papa mettre la main sur l’épaule de la psychologue chargée de surveiller la sortie en ville du père et du fils !

La réaction de Monsieur le Procureur s’adressant à Louis : Dans un premier temps, vous ferez les trajets pour montrer votre attachement à votre fils. Avec plus de condescendance, à la maman cette fois : Stop Madame ! Vous êtes une bonne mère mais Monsieur n’est pas pédophile.

L’aliénation parentale exercée par la maman est à peine abordée. La légèreté qui imprègne les propos des juges démontre qu’ils n’ont pas saisi l’importance du danger qu’ont les mensonges maternels, sur Louis d’abord, et puis sur Jacques qui portera sa vie durant cette amertume d’avoir été obligé de se battre fermement pour récupérer son honneur, ses droits de père et l’estime de son fils. Il n’a été à aucun moment question de sanction. Que faut-il en penser ? Qu’en pensera Louis quand il saura ?…

A suivre…