Témoignages‎ > ‎Helga et Loïc‎ > ‎

Seconde partie

(Suite) Helga et Loïc paient cher les conséquences d'un jugement rendu sur base du ressenti de spécialistes de la jeunesse d'un SPJ.

Nous sommes en mai et pas de nouvelles officielles du jugement résultant de l'audience du 13 mars. Helga, prête à expliquer au juge les raisons qu'elle a de vouloir vivre avec sa mère s'est vue rabrouée... « je ne me sens pas capable de l'écouter, nous demanderons un rapport de psy... ».

Il a fallu trois mois à Monsieur le Juge pour s'en rendre compte. A-t-il imaginé un seul instant  la déception, le désespoir de la jeune fille qui attendait ce moment promis depuis trois mois ...

Elle avait écrit à Monsieur le Juge à trois reprises, dont le 22 mai 2012 avec une psy thérapeute cognitivo-comportementale, Madame O. : « ... J'écris cette lettre car j'ai peur que la justice prenne la décision de donner la garde principale à mon papa et j'ai peut de me sentir finalement mal chez lui... »

Elle a aussi écrit à son père car il coupe court à toutes ses tentatives de conversation à ce sujet : « ...papa je t'aime et personne ne pourra te remplacer mais je veux vivre avec maman. Je veux que tu comprennes cette situation, je veux que tu l'admettes et que tu ne m'en veuilles pas... », elle commençait cette letre ainsi : « On doit souvent dire des choses qui peuvent blesser des personnes, les contrarier. Même si ces choses on les tient depuis longtemps et qui nous font souffrir énormément, on fait semblant que tout va pour le mieux. Mais moi, ça va pas. ». Papa ne veut rien savoir, rien entendre. Il refuse toute médiation, tout contact avec un psy, que ce soit de l'école, d'un organisme officiel ou privé. Sa fille doit se comporter comme la petite femme de la maison. Point  final.

Depuis que le juge a refusé de l'écouter, Helga est désespérée et toutes les occasions sont bonnes  pour être hors de la maison, elle sort avec des copines, rentre quand la nuit tombe et pendant ce temps, son père est au café et Loïc est seul à la maison devant son ordinateur. Il y a quelques jours, en rentrant le soir, il a fait irruption dans la chambre de sa fille, s'est installé  sur son lit et l'écrasait (ce sont ses mots) en colère parce qu'elle avait demandé de changer la garde pour aller voir maman avec Loïc à la fête des mères, ce fut un refus catégorique... Pourtant, ils ne la voient que quatre jours par mois. Cet homme n'a aucune retenue, il entre dans la salle de bain sans frapper quand sa fille fait sa toilette, par exemple.

A deux reprises, ces enfants ont voulu se faire inscrire dans une école à proximité de chez maman, mais si le Tribunal persiste à ne pas vouloir les entendre, ils seront toujours chez papa à la prochaine rentrée. Au fait, les résultats scolaires sont cependant médiocres et il arrive que maman soit sollicitée par internet pour aider aux devoirs !

Loïc a neuf ans, il pèse 40 Kgs et cela suscite les moqueries de son père. Helga mange mal, mais elle a maigri car elle se contrôle, elle a quatorze ans. « S'ils demandaient à rester chez leur père, dit maman, je serais rassurée et je m'inclinerais, mais c'est loin d'être le cas... »

Quelles sont les raisons qui poussent les juges de la jeunesse à ignorer l'histoire des enfants qui souffrent de la séparation conflictuelle de leurs parents ? Faut-il qu'il se produise un « incident » quelconque assorti d'un référé pour décider un changement de décisions ? Est-il si difficile à reconnaître qu'on fait fausse route ? Le dossier d'Helga et de Loïc est mal barré depuis le départ de la maman dans une autre région cinq ans après la séparation, lorsqu'elle a mis son projet d'un travail indépendant à exécution, avec l'accord des enfants... qui s'en réjouissaient. Mais le SPJ, déjà, avait décrété qu'elle était une mauvaise mère. Vous pensez ... elle avait osé quitter ce pauvre homme qui menaçait de se suicider et qui lui faisait des scènes et la vie dure, devant les enfants. Et
les années passent...
Comments