Helga et Loïc paient cher les conséquences d'un jugement rendu sur base du ressenti de spécialistes de la jeunesse d'un SPJ.


Helga, bientôt 14 ans, Loïc bientôt 9 ne comprennent pas les raisons du Juge qui les oblige à vivre avec papa, alors qu'ils voulaient partir avec maman...Ils prenaient patience parce qu'ils étaient persuadés que tout se passerait bien, ils savaient que maman ne partirait pas sans eux..

Il faut dire que maman et papa étaient séparés depuis cinq ans et qu'ils habitaient à proximité l'un de l'autre, ce qui était bien pratique (on allait même manger chez elle avec papa quand c'était sa semaine de garde!). Mais maman aspirait à un avenir dans lequel papa n'aurait plus le contrôle de ses actes qui n'étaient jamais à son goût et toujours critiqués.

Ce jour-là, elle venait de trouver bâtiment et terrain qui convenaient à la concrétisation de ses projets, et abordables à ses moyens. Quoique c'était à 150 kms de là, maman partit préparer son futur nid, pour y accueillir Helga et Loïc. Papa n'apprécia pas du tout cette initiative et le SPJ s'en mêla. L'avocat de papa aussi, bien sur. « Vous êtes un monstre d'égoïsme ! s'entendit-elle insultée, c'est inadmissible ! ». C'eut été inadmissible si c'était vrai qu'elle abandonnait ses enfants... mais voilà, c'était loin d'être le cas.

Mais voilà, maman est une femme discrète qui n'étalait pas sa vie privée à tout venant. Aujourd'hui, elle regrette, elle comprend à ses dépens que la justice ne fait pas dans la dentelle, même quand il s'agit d'enfants et de sentiments. Le Juge non plus, et c'est papa qui eut la garde principale des enfants.

C'est vrai, elle souffrait de l'atmosphère qui régnait dans son foyer et ses enfants assistaient à des disputes et des scènes très traumatisantes qu'elle estimait devoir faire cesser : leur père devenait de plus en plus agressif (peut-être sous l'effet de médicaments?) et menaçait continuellement de se suicider.

« Vous voyez cette corde, criait-il en l'étalant sous leurs yeux, je me pendrai si elle me quitte, et je le ferai... ». Une autre fois, il incendiera la maison ou encore il annonce qu'il s'est renseigné sur le prix des révolvers (250 €). Alors, qui est le monstre ?

Il a un beau métier, mais il est de plus en plus attiré par la dive bouteille et les copains au café.

Maman a donc préparé la séparation, elle a beaucoup travaillé et la vieille « bâtisse » fut prête à accueillir Helga et Loïc. Elle élève des chèvres pour en vendre leurs produits et sa « maison d'hôtes n'attend plus que ses hôtes.

Il n'a pas fallu longtemps pour que les enfants fassent partie du village, ils y ont plein de copains et les activités sont nombreuses... ils ont de plus en plus difficile à retourner chez papa après les week-ends chez maman. Helga s'est même informée au sujet des écoles à proximité...C'est elle qui s'occupe d'aider son frère à ses devoirs, chez papa.

Il réagit mal face à leur enthousiasme, ses remarques sont de plus en plus sarcastiques, et ses colères n 'ont pas cessé, au contraire. Les enfants ont peur qu'il mette ses menaces à exécution, Loïc va dormir dans son lit quand il est sorti, pour savoir s'il rentrera, il pleure tous les jours. - « Tu es la petite femme de la maison » dit papa à Helga, mais ils sont nourris de produits Mac Do, pizzas, pignons de poulets panés... elle a grossi de plus de 2kgs ces quatre derniers mois, et Loïc 4, et papa se tourmente quand ils ne veulent plus manger.

Oui, il a même giflé maman devant les enfants, mais elle ne voulait pas parler de tout cela, elle n'accusait pas et elle estimait ne pas devoir se défendre. Elle voulait juste éloigner ses enfants de cette atmosphère lourde, néfaste à un développement harmonieux de leur personnalité. Mal lui en prit...elle doit endurer les insultes du SPJ et le juge a repris leurs arguments sans vérifier quoi que ce soit et voilà les enfants réduits à voir leur mère un week-end sur deux et continuer à vivre une vie très difficile avec leur père, une vie de terreur devant des menaces et une manipulation dégradantes.

« J'irai voir le bourgmestre » annonça Loïc en colère devant le jugement, Helga écrivit à Monsieur le juge, lui expliquant en détails la situation, elle fit pareil à son père qui ignora totalement ce message de sa fille qui lui disait son amour mais son incapacité à continuer cette vie-là. Ils ne comprennent pas que la Justice n'ait rien voulu entendre de maman... (Nous non plus d'ailleurs ).

Aujourd'hui, elle a requis les services d'un avocat, elle paie pour se défendre contre ce qu'elle n'a pas fait et ce n'est pas plus facile : « votre cas est indéfendable ! » décrèta l' avocate. Eh bien, la voilà prévenue ! 

Aujourd'hui, la voilà obligée de mettre sa vie privée au grand jour, et même plus...

Les enfants posent des questions et ils veulent lui raconter les moindres détails de leur vie ! Dans la voiture qui les amène chez elle, maman doit instaurer un tour de parole, 20 kms pour l'un, 20 pour l'autre et on recommence jusqu'à la maison... Là, c'est l'explosion ! Ils posent la question de savoir si papa sera encore là quand ils retourneront chez lui, « je ne veux plus être la petite femme de la maison » annonce Helga, « j'ai peur dans cette maison » répète sans cesse Loïc, ils tressaillent au moindre coup de sonnette... Ce n'est pas alarmant ?

Maman a essayé de parler à papa, c'est bernique ! Il a refusé l'Espace-Rencontres et ignore les tentatives d'essais des enfants à discuter avec lui, ils n'osent d'ailleurs plus lui en parler. De plus, il n'accepte pas qu'ils s'entendent bien avec le compagnon de maman.

Pour la Justice, c'est une histoire banale. Oui, banale... Cependant, il s'agit d'enfants même s' il y en a d'autres, tout aussi et même plus invivables que celle d'Helga et Loïc. Nous essayons qu'ils soient écoutés, afin que la Justice prenne conscience qu'Helga ne sait plus à quel saint se vouer, on trouve même de ses messages sur facebook, plus clairs les uns que les autres, elle a adressé deux lettres à Monsieur le Juge, sans succès jusqu'ici. Elle passe beaucoup de temps à consoler son petit frère si fragile, mais... qui devient paraît-il très violent à l'école

Nous restons de plus en plus convaincus que les spécialistes d'aide aux enfants ne prennent pas le temps d' ECOUTER et d' ENTENDRE ces parents et ces enfants en souffrance, sans les bafouer et les assommer de reproches d'entrée de jeu comme s'ils étaient coupables... de quoi ? Que savent-ils de la vie des parents qui se séparent ?... Avec du respect et de la compassion, en instaurant la confiance, ce serait plus facile, d'autant plus qu'ils ont à leur disposition tous les moyens de vérifier les dires. Dans des conditions plus sereines, les dossiers pourraient être réglés de suite, avec un soutien « bienveillant » .

Les magistrats s'intéressent de plus en plus à ce qu'on fait ailleurs dans ces cas (et vice-versa) et le modèle de Cochem (Moselle allemande) donné par le Juge Rudolph a de plus en plus d'adeptes. 

« La mouette-belgique » a dans ses projets l'organisation de formations à ces Services qui aident les juges en établissant les dossiers de ces familles en souffrance. Ils sont d'ailleurs pour la plupart, en demande.

Pour en savoir plus, consultez nos résumés des conférences notamment par le Juge Rudolph et par son assistante, la psychologue Ursula Kodjoe.

L'avenir d'Helga et de Loïc se jouera peut-être à la prochaine audience ... annoncée le 13 mars 2013 ! Helga y sera entendue, mais elle ne comprend pas que le Juge ne réponde pas à ses courriers... Allez lui expliquer !

Le temps est long aux enfants : ne peut-on les rassurer et leur expliquer les raisons qui les obligent à continuer à vivre dans la terreur à côté d'un père suicidaire ? Il y a danger et... je n'y arrive pas. Eliane Masson.