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2005 - Les atteintes à l'intégrité sexuelle - Jean Yves Hayez


Les atteintes à l'intégrité sexuelle - Jean Yves Hayez - Avril 2005

Les atteintes à l'intégrité sexuelle

Conférence du 13 avril 2005 - Facultés Universitaires Notre Dame de la Paix à Namur Par le Professeur HAYEZ. Résumé réalisé par Lucien DERZELLE.

La conférence porte surtout sur la fréquence et la gravité de ces atteintes. Celles-ci pourraient se représenter sous la forme d' un tableau, démonstratif des conséquences plus ou moins graves qui pourront surgir :

GRAVITE : légère, moyenne, importante.
FREQUENCE : élevée, moyenne, assez rare.



1. Dysfonctionnement éducatif

Les parents ne réagissent pas toujours très bien devant certaines situations. Notre comportement devant l'enfant doit être mesuré et réfléchi. L'enfant découvre sa sexualité et veut l'assumer, il dessine les parties du corps toujours cachées à la vue, en parle à des copains, il ne faut pas trop le culpabiliser. Il se sentira heureux et compris s'il reçoit des explications, des réponses à des questions éventuelles et si les balises de bienséance sont bien placées.

Une relation entre deux adolescents choque et on pense qu'il y a un abuseur, ce n'est pas toujours le cas. Il faut toutefois mettre en garde. La vision de cassettes porno à l'âge de 14 ans ? Non ! Ils regardent vivre les adultes et sont souvent traumatisés à cause de notre sexualité, de la façon dont nous l'expliquons.

2. Epines sexuelles (Voir le tableau en fin de document)

Ce sont les situations causées par des événements ou attitudes ou sollicitations légères. L'enfant en sera un peu déstabilisé mais s'en remettra. L'entrée dans la sexualité à l'école ne se passe pas toujours bien, il y a un dominateur.

Mais en général les conséquences psychologiques sont minimes et la vie sexuelle future n'en sera pas entravée. Il faut encourager l'enfant à se faire respecter. Ne pas nécessairement déposer plainte après un incident avec un élève plus âgé, cela peut être pire que bien mais en parler entre soi pour contrer les approches suspectes.

3. Dérapages sexuels

Il existe deux catégories d'adultes :

1. ceux qui respectent les limites de l'activité sexuelle
2. les violeurs, les pédophiles, ceux-ci ne sont pas irrécupérables.
3. des dérapages ont lieu en des périodes courtes. Par exemple, un(e) adolescent(e) ou même un(e) adulte qui attire un(e) tout(e) jeune, un(e) adulte qui veut initier les jeunes adolescent(e)s. Ces faits, ordinairement, ne prennent pas d'ampleur. L'adulte met fin spontanément à cette relation, il se reprend...

Toutefois, intervenir auprès de cet adulte est souhaitable, même nécessaire.

Converser avec lui:

* désapprouver l'acte et rappeler la loi
* l'encourager à utiliser ses bonnes ressources
* l'aider ou le faire soigner dans ses problèmes révélés
* veiller sur la non-récidive
* dialoguer avec l'enfant entraîné dans le dérapage
* aboutir à des excuses présentées et actes de réparation
* éviter de déclencher des processus socio-judiciaires trop tôt
* dialogue, assistance, bonne volonté, vigilance sont les règles premières à appliquer.

4. Abus graves

L'abuseur est au milieu de problèmes intenses, on ne peut lui venir en aide comme renseigné en 3.

La victime vit dans la terreur, l'effroi mais peut être aussi consentante et très provocante.

Les témoins éventuels sont indifférents ? Ils doivent prendre leurs responsabilités pour dévoiler les faits, agir.

Les traumatismes psychologiques peuvent être importants et perdurer bien après la cessation des faits.

Les victimes seront aidées par un traitement adéquat, une présence bienveillante, attentive, rassurante, avec des encouragements, des conseils d'adoption d'une auto-protection. L'adulte témoin qui agit ainsi est indispensable dans la continuité de cette mission, il est devenu un confident et doit assumer ses responsabilités sans faillir. On a trop misé sur les institutions officielles... 20 % d'enfants sont aidés, mais 75 % n'espèrent plus rien car personnellement, ne ressentent aucun geste de confiance ou d'assistance.

5. Traumatisme secondaire

Trop peu d'enfants qui ont parlé sont aidés. Ils ne sont guère écoutés. Chez le Juge, les adultes parlent de leur problème et laissent l'enfant sur le côté. Les auditions vidéo-filmées servent surtout aux défenseurs, on peut toujours y trouver une faille. Les procédures sont facilitées s'il y a aveux. Des suspicions d'abus sexuels de l'autre parent sur l'enfant sont parfois exprimées. A tort ou à raison, des droits de visite ne sont pas supprimés pour autant. Ces enquêtes sont difficiles car ces parents sont devenus des manipulateurs, ils salissent leur ex-conjoint en salissant l'enfant.

En conclusion : on découvre que les institutions ne sont pas assez performantes. Il arrive que la victime elle-même soit suspectée.

Les abuseurs doivent être considérés comme récupérables sauf quelques cas rares.

La ligne directrice des réponses aux questions posées après la conférence peut se présenter comme suit :

- Le témoin va vers la victime. Que faire ? Il lui parle ? Vont trouver ensemble l'abuseur ? En parle à une autre personne ? S.O.S. ENFANTS ? Le témoin doit s'engager et prendre ses responsabilités de suite.

- Lors des auditions, l'enfant ne serait pas respecté (audition vidéo-filmée)

Il n'existe pas de groupe de réflexion pour ce problème. La fusion des polices apporte au contraire des difficultés en ce sens que des agents expérimentés ont changé de service, les autres sont timorés... On espérait une rapidité dans l'examen des dossiers, il n'en est rien et les avocats trouvent des failles plus nombreuses dans l'élaboration des dossiers.

Si l'on se trouve devant un dysfonctionnement de l'appareil judiciaire que faire ? S.O.S. ENFANTS est créé pour déjudiciariser.

Si aveux et preuves matérielles la justice sait travailler. La parole de l'enfant n'est prise en considération qu'une fois sur dix. Il faut donc agir autrement. La justice ne peut rien faire. S'il y a des témoins, il faut pouvoir compter sur eux.

- Des renseignements sont disponibles sur le site « Aliénation parentale » notamment sur la responsabilité des parents vis-à-vis des enfants qui ne les regardent plus.

- Le Professeur HAYEZ est d'accord sur les commentaires d'un auditeur : la morale existe moins, on se tourne alors vers la Justice. On parle de parents féministes, masculinistes. Les neutres existent aussi, on cherche à catégoriser les gens mais la majorité des parents cherchent des solutions.

Livre : La sexualité des enfants. Editions Odile Jacob 2004
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