Aliénation parentale - Hubert Van Gijseghem - Oct 2006
SEMINAIRE ASSURE PAR LE PROFESSEUR HUBERT VAN GIJSEGHEM 
LE 20 ET 21 OCTOBRE 2006 BRASSERIE HENRY - NAMUR. 
Avant que le concept d'aliénation parentale ne soit admis dans bon nombre de milieux juridiques et sociaux, le Professeur recommandait de s'intéresser aux enfants avant les procès, d'évaluer leur sincérité surtout lorsqu'il y avait dénonciation d'abus sexuels ou encore lorsque l'enfant cherchait simplement des excuses pour éviter les visites à l'autre parent.

Que provoquait l'apparition de toutes ces graves difficultés ? Un combat incessant entre les parents concernant la garde, l'éducation des enfants... Combat où les enfants deviennent intermédiaires involontaires mais influencés, disputes graves qui, souvent, sont attisées par une haine de plus en plus féroce. Le Professeur GARDNER a donné un nom à ce phénomène : le syndrome d'aliénation parentale. 

L'un des parents est aliéné par l'autre et l'enfant sert de liaison entre les deux, subissant ainsi de graves dérangements psychologiques, si pas dans l'immédiat, à plus ou moins brève échéance. -Cette théorie n'est pas admise par certains professionnels car pour eux, les fausses dénonciations n'existent pas : toute dénonciation de faits de pédophilie est donc vraie pour eux et aucune théorie ne peut tenter d'infirmer celle-ci par les raisonnements qui, à première vue et sans analyse approfondie, seraient supports de contre-vérités. Ils disent aussi qu'elle prête à confusion, car on la voit partout. Non, elle n'est pas partout ! elle n'est pas dans tous les cas ! Cela reste une minorité dans les divorces actuels.

Recherche JOYAL - QUIENART - VAN GIJSEGHEM

Sur 300 dossiers avec enfants de 0-12 ans, pris au hasard :

68 % de couples s'entendent après séparation avec constat par le juge
14,5 % sans suite, car le père ne se manifeste pas
17,5 % ont des litiges où un arbitre est nécessaire. Dans ce pourcentage, 13 % demandent une expertise avec, ensuite, 5 % qui s'entendent et 8 % où le juge est nécessaire.

Etude VAN GIJSEGHEM

Dans un inventaire de ses dossiers, 50 % dévoilent une aliénation moyenne ou sévère. Ce pourcentage est aussi constaté dans d'autres cabinets.

Prévalence

Le terme « Aliénation Parentale » est nouveau, sa définition n'est pas interprétée partout de la même façon. Il faut donc se méfier des statistiques naissantes à ce sujet : les chiffres européens sont un peu plus élevés que les chiffres américains environ de 6 à 7 % environ.

Chiffres européens et américains

Hollande : chez les couples mariés, 40 % des enfants ne voient plus un des parents un an après leur séparation. Ce nombre est de 50 % chez les couples non mariés.

Allemagne : 50 % des pères n'ont plus de contacts avec leurs enfants.

France : 34 % pour la plupart des pères ne les voient plus.

Amérique du Nord : Après le divorce, les enfants vivent dans une famille monoparentale : 60 % des enfants n'ont plus de contacts avec leur père.

Une explication : il y a aliénation parentale de la part de la mère. Mais ces 60 % deviendraient même 66-67 % par après.

Raisons de la disparité entre les chiffres

La cause réelle de cette différence est due à la manière d'élaborer les statistiques. L'aliénation parentale est comprise aussi par le fait qu'un enfant ne veut plus voir un parent, mais l'aliénation n'est pas toujours justifiée car un enfant peut être influencé par la tenue, le comportement antérieur du parent délaissé, sans avoir entendu des choses répréhensibles concernant celui-ci. Les différences sont influencées aussi par le degré de compréhension du phénomène.

Controverses principales

GARDNER a appelé cette théorie : syndrome d'aliénation parentale. Le Professeur VAN GIJSEGHEM préfère supprimer le mot syndrome. En médecine, ce mot signifie les symptômes qui caractérisent une maladie, une affection. Il n'est pas bien choisi, prête à différentes interprétations. Ce phénomène existe-t-il vraiment ? Certains disent non. Doit-on intervenir chez l'enfant ? Le rejet éventuel d'un parent par l'enfant serait normal, dit-on parfois. Est-ce une maladie ? une évolution normale provoquée par la séparation ? Des psys présentent des conclusions différentes pour un même cas... La définition est-elle assez signifiante, complète ? Peut-elle servir de base dans les milieux psychiatriques et juridiques ? Peut-on forcer l'enfant à rencontrer quelqu'un qu'il ne veut plus voir ? Appliquer une loi ? des moyens cliniques ?

Définitions

GARDNER : «Un désordre qui a comme première manifestation une campagne de dénigrement de la part d'un enfant contre un parent. Cette campagne est injustifiée. Il s'agit là du résultat d'une combinaison d'un plus ou moins subtil lavage de cerveau opéré par un parent, d'une part, et, d'autre part, de contributions personnelles de l'enfant ».

La définition de WARSHAK (non incluse ici) nuance à peine celle de GARDNER.

KELLY : « Un enfant exprime librement et de façon persistante, des sentiments et des croyances déraisonnables (rage, haine, rejet, crainte) envers un parent et qui sont significativement disproportionnés par rapport à 1 'expérience réelle qu'a vécu 1 'enfant avec ce parent ». Celui-ci trouve des problèmes à la définition de GARDNER. Il ne cherche pas à établir une hypothèse sur la cause du comportement de l'enfant. L'enfant souffre «d'aliénation ». C'est un trouble, une maladie. Par quoi est-il causé ? C'est une autre étape du processus.

DARNALL : " Toute constellation de comportements (chez le parent) qui peut résulter en une perturbation de la relation de l'enfant et l'autre parent ».

Ici, un seul coupable : le parent qui héberge l'enfant, car quelles que soient les particularités de l'enfant, celui-ci est toujours influencé.

DSM (association américaine des statistiques)

Le DSM 4 dit que ce concept d'aliénation n'entre pas dans la classification des maladies, donc il n'entre pas en statistique. La nouvelle édition du DSM (n° 5) sortira en 2010. L'idée de ce concept est sur la table en cours d'étude. KELLY n'envisage qu'un fait précis, mais GARDNER en cite aussi la cause. Ces définitions s'opposent. Une seule doit être claire, nette, ne permettre aucune ambiguïté afin de servir le pouvoir juridique. Le DSM accepte la notion de « Troubles de l'aliénation parentale ».

Liens de l'aliénation parentale avec d'autres concepts

Ce phénomène n'est pas propre à nos temps modernes. L'utilisation des enfants pour se venger du père est pratiquée dans la mythologie, Médée tua ses enfants par haine contre leur père. Une mère utilise ses enfants pour avoir accès elle-même à la médecine, elle dit que c'est son enfant qui est malade. Le syndrome du parent hostile, la paratectomie, consiste à faire enlever un enfant. La notion du Syndrome de Stockholm : le personnel d'une firme est gardé en otage par des malfrats, les victimes prennent ensuite parti pour eux et admettent leur théorie. Cela se remarque aussi chez l'enfant : il admet tout du parent aliénant.

Le problème de l'appellation

On a besoin maintenant de la reconnaissance d'un terme. « Aliénation parentale » semble plus descriptif que « Syndrome d'Aliénation Parentale ». Il ne suscite pas d'ambiguïté, il a un sens de réalité. Le terme « enfant aliéné » est acceptable également et ne concernera que les cas justifiés (existants). On pourra même parler d'aliénation pathologique. Le mot « troubles » (dans l'Aliénation Parentale) pourrait aussi entrer dans les débats.

FONDE OU NON-FONDE

Appellation d'un phénomène réel ? Est-on certain que son existence ne dépend d'aucun autre déjà connu ou nommé. Faut-il l'inclure dans un champ plus vaste de déséquilibres dus à la séparation, ce qui signifierait que ce phénomène a toujours existé. Pourquoi dès lors, introduire un concept nouveau...

Oui, il le faut. Les conséquences sont trop graves. On commence à connaître les suites psychologiques qui en résultent, elles accompagnent toute la vie des victimes et, quoique cela soit peu crédible, des auteurs aussi. Ce phénomène, par son importance actuelle, ne se détache pas d'un ensemble vicieux, mais existe par lui-même, indépendant par sa gravité.

CONTROVERSE PRINCIPALE

Qui est le parent aliénant ?
La mère est souvent désignée comme gardienne et devient aliénante ne fut-ce que par de petits reproches qu'elle ne cesse de dire sur le père devant son enfant. Celui-ci ne la rejettera pas. On trouve 75 % de mères aliénantes pour 25 % de la part du père. On constate d'ailleurs aussi des situations aliénantes dans les familles toujours unies. GARDNER, attaqué de toutes arts, après édition de sa théorie, parlait de 50-50 pour la culpabilité entre parents. Une garde unique n'est pas toujours source d'aliénation parentale. C'est très bien et il faut préserver cette garde. Sinon, afin d'éviter les conséquences de l'aliénation parentale, on en viendra à la garde alternée. Celle-ci commence à être appliquée en Belgique et en Italie. Les lois sont souvent anecdotiques, avantageant leur promoteur, mais le juge gardant son indépendance, son intégrité, examinera chacun des cas et n'envisagera la garde alternée que s'il la juge bénéfique pour l'enfant auprès de parents dignes de l'assumer.

Contexte socio-culturel

Le nombre de divorces

Celui-ci augmente, au Canada en 1950, 10 % des couples divorçaient. En 2000, ce chiffre est grimpé à 50 % dans les 10 ans après le mariage. Ce pourcentage est plus élevé dans les unions de fait. Le nombre de divorces augmentant, le nombre de cas litigieux suit la progression. On ne reste plus ensemble pour les enfants.

Changement dans la philosophie de garde
Autrefois, une séparation du couple laissait les enfants à la mère, celle-ci étant plus disponible et présentant toutes les garanties pour la santé psychologique de l'enfant. Dans les milieux aristocratiques, les enfants allaient chez le père.

On considère maintenant quel est le meilleur intérêt de l'enfant, mais la mère entrant dans le marché de l'emploi, des garderies se sont installées, la mère devint alors peu présente dans la vie de l'enfant. Le père s'est ensuite féminisé et pouvait donc devenir le parent psychologique. Le juge, avec l'aide d'un expert, choisit dorénavant le parent gardien au mieux de l'intérêt de l'enfant, sans considération de son sexe ou de celui du parent.

Féminisme

Au Canada, les premières gardes alternées furent appliquées à partir de 1977. Les mouvements féministes, très actifs à l'époque, n'ont pas accepté ces jugements : on ne peut donner aux pères cette responsabilité car l'homme est violent (violence conjugale), de plus, un risque d'inceste existe vraiment. Les groupes féministes avaient raison de dévoiler ces violences, car elles existaient impunément. De 1900 à 1975, on ne parlait pas de ces graves comportements par crainte ou par résignation, ensuite il y eut revirement.

Réponse à une question concernant la nature de l'homme et de la femme, et de leur comportement

L'homme et la femme sont différents par nature. L'homme est le prédateur et dans les faits graves, neuf fois sur dix, l'homme est le provocateur. L'égalité sexuelle serait idéale dans la vie ? C'est beau, mais ne sera jamais ainsi. La différence génétique entre l'homme et la femme existera toujours mais l'homme peut se libérer et museler la nature, ce serait là, de sa part, agir en civilisateur.

Banalisation de la séparation

Les mentalités ont changé, les femmes devenues plus indépendantes se séparent plus facilement. Cela entre dans les moeurs et l'on s'adapte à cette nouvelle réalité. Les grandes illusions du début disparaissent, les projets, souvent irréalisables s'envolent. Reproches, disputes, violences même, provoquent la fin de l'union. Un enfant dans ce couple devient agressif, a peur pour son avenir, c'est grave pour lui car son nid est défait. On attribue son comportement à la non équation d'un parent et non à la séparation.

Ere de l'enfant roi

L'enfant est de plus en plus observé, étudié. On décèle ses besoins et, surtout dans les séparations, il est choyé au mieux des deux côtés. Rentrant de l'un, il est examiné, le moindre hématome ou l'écorchure mal placée seront l'objet de supputations, de questions, voire de commentaires, de soupçons. S'il est questionné suivant une tendance préconçue, il répondra oui et, de là, une machine se met en branle, jusqu'au judiciaire s'il le faut et bien souvent à tort. Les enfants sont traités comme des objets que l'on veut s'approprier. Education néfaste qui néglige toutes les grandes valeurs morales.

Réponse à une question concernant « le psychologue et l'enfant »

L'expert conclut parfois en se basant sur ses théories ou suivant le discours de l'enfant, bien souvent élaboré suivant les circonstances. Deux experts aideront le juge de manière plus efficace. Les psys engagés doivent être bien formés. Ici en Europe, le juge n'est pas toujours convaincu ou l'expert n'est pas capable, il le sait mais continue sa mission en se persuadant...

SOURCES

L'enfant

Même si les parents ne se parlaient plus beaucoup, ils étaient là pour lui. Il souffre de cette séparation, lui qui en général , n'a aucun grief à formuler. Si l'aliénation parentale s'installe, il considérera cela comme du théâtre et dira la même chose aux deux parents.

Réparation du parent endommagé

Si l'enfant constate que l'un des deux parents est lésé, malheureux, il essayera de l'aider, de le consoler. Habitant chez sa mère, il lui dit qu'il l'aime mieux mais dira la même chose à son père. Chacun des parents se demande comment se passe son séjour chez l'autre parent. Quelle est l'attitude du parent en face de son enfant, et celle de celui-ci ? Toute question se pose intérieurement, mais l'enfant, de retour, ne dira pas tout afin de préserver son projet de consolation.

Désir de réunification

De plus, l'enfant pense souvent à une réunification, il joue une comédie pour les remettre ensemble. Il essaie de rétablir des conversations, servant d'intermédiaire, se plaignant d'un manquement d'un parent à son égard, manquement souvent anodin, mais qui provoque une conversation téléphonique entre les parents, peut-être orageuse, mais qu'importe. Ce qu'il ne sait pas, c'est le risque d'amplification de l'aliénation parentale.

-Résolution du conflit de loyauté
L'enfant voit la haine s'installer. Il les aime encore mais plus ensemble, il ne peut pas montrer à l'un qu'il aime encore l'autre; Chacun demande à l'enfant son allégeance mais il doit composer. Ce conflit le déchire, il se sent coupable. Il veut s'écarter de ce conflit de loyauté, il opère un clivage : aimer un parent et détester l'autre. L'enfant a la faculté d'oublier les jours heureux et même le parent mal-aimé. Il sera renforcé dans ses nouvelles convictions si le parent aimé tient nettement avec lui.

-Caractéristique de l'enfant
Des enfants de même famille réagissent différemment à l'aliénation parentale. Ils sont vite influencés (résilients), d'autres restent eux-mêmes (résistants). Le degré de suggestibilité varie avec l'âge et le caractère de l'enfant. L'anxiété de la séparation les atteint plus ou moins fort. Une grande anxiété générera un plus grand danger d'aliénation parentale et se transmettra d'autant mieux de génération en génération. Une symbiose enfant-mère sera d'autant plus forte après une séparation des parents. L'enfant en général, a de la haine pour les situations nouvelles et déteste les transitions. Il n'apprécie pas de devoir rendre visite à l'autre parent et d'accepter un autre individu à la maison. L'aliénation parentale devient alors plus probable.

LE PARENT ALIENANT

-Ressentiment
On accuse vite un parent d'être l'auteur d'aliénation parentale, il faut quand même voir l'attitude de l'enfant (caractéristiques). Le parent aliéné contribue aussi à l'aliénation parentale par sa façon de répondre à l'aliénant. Celui-ci ressent un sentiment de vengeance en se servant de l'enfant qui transportera inconsciemment ce sentiment chez l'aliéné.

- Projection de sa propre victimisation
La mère se sent victime dans la séparation. Elle a l'impression d'avoir été dupée par un individu au pouvoir abusif. Elle a été le jouet d'un manipulateur et elle doit lui envoyer son enfant ! Elle veut le protéger, tout ce qu'elle retrouve en lui venant du père, provoquera chez elle des réactions négatives, elle conclura : « son comportement a changé, quand il revient, je constate que mon éducation est bafouée, il est mal entretenu, il n'y mange pas bien... ».

- Evitement de la culpabilité
Aucun ne se sent coupable de la moindre faille, c'est toujours l'autre qui est fautif de tout ce qui arrive de mal. Si l'aliénant refait sa vie avec un « meilleur conjoint », l'enfant se sentira mieux et sera dérangé dans sa nouvelle vie s'il doit rendre visite à l'autre parent. Celui-ci commence à gêner, « Il devrait disparaître au loin ». Il est vraiment coupable de tout, de tous ces changements dans leurs vies respectives.

-Désir de réparation
Ce désir peut-il exister ? Le parent aliénant pourrait-il exercer un retour en arrière constatant que son attitude crée du tort à l'enfant ? L'autre parent accepterait-il un tel retour ? Aura-t-il confiance de nouveau ? Ne considèrera-t-ilt-il pas son assentiment comme un sacrifice nécessaire pour le maintien psychologique de l'enfant ? Ce sont des questions à appliquer aux cas rares de revirement.

-Effet Rosentahl
Attitude évoquée plus haut. On croit et on dit que l'enfant n'est jamais bien traité chez l'autre, même si son éducation y est bien formée. Des faits positifs concrets ne seront jamais reconnus.

Le système judiciaire

Au Japon, il y a un avocat pour 7500 habitants. En Europe, un avocat pour 1600 habitants et aux Etats-Unis un pour 275 habitants. Plus il y a d'avocats, plus il faut nourrir le cas. Beaucoup de procédures rapportent plus. Au Canada, une médiation peut demander 6 rencontres ! Cette pratique est boycottée par les procureurs et déconseillée par eux. Des dossiers prolongés avant le jugement sont néfastes aux enfants. Ils s'habituent à leur résidence ou attendent impatiemment de partir. Mais le parent aliénant voit de bon-ton toutes ces remises d'examens et le retard que prend le jugement. Une plainte au service de protection jeunesse retarde la procédure, appelle un jugement provisoire et parfois d'autres. Des rencontres entre parents et enfants peuvent avoir lieu si elles ne sont boycottées. Un jugement définitif sera enfin prononcé mais (trop) tard. (Cette procédure, décrite succinctement, est propre au Canada, mais elles se ressemblent dans les autres pays en accord de droit).

LE PARENT ALIENE

Sans le vouloir, il contribue à l'aliénation parentale. Il en veut à tous, s'aigrit et émet des reproches à son enfant. Il y a circularité et la situation s'empire. Pour s'en sortir au mieux, il doit subir, et espérer ? Les psys doivent montrer une grande empathie envers leurs clients. Leur attitude présente trop souvent un genre d'indifférence à tout l'exposé de leur client, ils ne répondent pas souvent grand-chose, valident tout ce qu'ils entendent, s'apitoient. Cela n'est pas bon. Ils sont forts tentés de prolonger les « soins » par appât du gain et voient la « nécessité » de présenter des rapports tous les 6 mois. Les experts répètent souvent les dires des victimes et des autres. Ils ne servent à rien dans ce cas.

DESCRIPTION

Les huit critères décisionnels

-Campagne de dénigrement

-Rationalisations absurdes et frivoles pour disqualifier le parent

-Manque d'ambivalence

-Le phénomène du penseur indépendant

-L'enfant se présente comme le soutien du parent aliénant

-L'animosité s'étend sur l'ensemble du monde du parent aliéné

-Absence de culpabilité par rapport à la « mise à mort » du parent aliéné

-La présence de scenarii empruntés

Ces critères font l'unanimité parmi les différentes écoles.

Qu'est-ce qu'un critère décisionnel ? Pour ceux connaissant le DSM4, on y lit un critère de quantification. Si 5 critères sont présents, il existe un problème d'aliénation parentale. Un enfant qui montre un certain nombre de ces critères présentera une attitude ambigüe. Son cas devra être examiné. Quel est le seuil minimum de critères ? Cinq ? Ce nombre n'est pas encore déterminé. Un enfant chez qui l'on découvre ces critères doit être soigné, c'est une maladie.

1. L'enfant dit continuellement des paroles blessantes à l'égard d'un des parents.

2. Il invoque des raisons quelconques, mineures mais qu'importe, il invente et exagère ses propos. Il est allergique à des choses dans la maison du parent « détesté ».

3. Il souffre d'un conflit de loyauté et aime toujours ses deux parents. Cela peut évoluer en pire, il n'est plus ambivalent, le clivage s'installe, c'est un symptôme maladif.

4. Il pense seul : prend tout à son compte... il se dit auteur de tels faits ou de telles décisions, toujours dans le but de discréditer le parent rejeté.

5. Le « bon » parent est toujours sur le qui vive, procédures, plaintes... Il le soutient, croit l'aider en espionnant chez l'autre, en volant un document et en racontant tout ce qu'il voit au « bon » parent.

6. L'animosité s'étend à toute la famille du parent aliéné, surtout s'ils sont de race différente. Tout ce dont ils s'occupent (sport, bénévolat, métier...) est à rejeter.

7. En plus de ne plus se sentir coupable, il se réjouit des malheurs ou des embêtements que l'autre endure.

8. Il a entendu sa mère dire des choses à une copine, il a lu des documents judiciaires (pension alimentaire en difficulté, mauvaise garde,...). Tout cela lui sert de prétexte pour se détacher de ce parent.

Le critère 1 semble le plus important. S'il a de bons parents et que nombre de critères sont découverts, il faut intervenir chez cet enfant. Il devient malade. Il doit rester lié avec les deux parents et il est nécessaire que cesse cette influence néfaste sur l'enfant. Se couper d'un bon parent détruira l'enfant à plus ou moins brève échéance.

Les feux oranges (DARNALL)

-Laisser le choix d'hébergement à l'enfant, lui demander ce qu'il préfère en toute autre chose. -Lui raconter tout (des violences, des disputes).

-Un parent nie la propriété de jeux quand il va chez l'autre.

-L'enfant cache des choses à l'un des parents.

-Il blâme un parent et manque de flexibilité.

-Rester en colère plus de 48 H. envers un parent.

-Il veut changer son nom.

-Construit un code avec l'un des parents, espionne...

-Invente beaucoup d'activités pour éviter ses visites.

-On lui pose des questions sur « l'autre », facilement.

-Le parent hébergeur le sauve continuellement d'un enlèvement imaginaire.

-Des exigences sont formulées en contrepartie de choses qui ne sont pas dans l'ordonnance du tribunal.

-Ecouter les conversations téléphoniques entre l'enfant et l'autre parent.

LES INFLUENCES ALIENANTES

Influences évidentes (lavage de cerveau de GARDNER)

1. Jeux de noms et utilisations de termes : « Ce type-là est alcoolique », on ne dit pas « papa » mais son prénom, d'autres termes employés servent à le discréditer.

2. Exagération de problèmes : des traces de violence dans la maison sont restées intactes, les défauts de ce parent honni sont pires que tout : alcoolique, drogué... même si la mère participait à ces « jeux ».

3. Intrusions téléphoniques détestées : un appel du parent aliéné n'est pas bien reçu. On invoque des excuses ou des absences de l'enfant, or ce parent est inquiet et appellera d'autant plus. On l'accusera de harcèlement.

Intrusions planifiées : il y a toujours des contacts avec l'aliéné mais sur un mode non satisfaisant, ce parent est inquiet. Le courant passe mal.

4. Reconstruction faussée de souvenirs : l'enfant regarde des photos, voit son père. La mère en profite pour lui dire que c'est lors de cette excursion qu'il lui avait refusé un sachet de frites...

5. La théorie de changement total : «Mais oui, tu t'amusais bien avec papa en ce temps-là, mais il a tellement changé depuis sa rencontre avec cette... ».

6. Sarcasmes : on trouve toute occasion pour le tourner en ridicule. Il n'est pas là et ne sait se défendre.

7. Interrogatoire : les enfants sont interrogés d'une certaine façon. La réponse que l'on veut entendre se trouve déjà dans la question.

De même il faut attacher beaucoup d'importance, chez les professionnels, à la façon de libeller leurs questions. Plus celle-ci sera précise dans le temps et sur un point précis, plus sera juste la réponse.

Influences subtiles

-Abstentions : L'enfant questionne, il y a des choses à savoir, il le voit bien. On ne lui dément pas et on lui dit qu'il est trop petit.

-Dispositions mises en place.
Le parent aliénant est constamment tenté de déprécier l'autre parent. Il trouve des moyens de contrecarrer des projets concernant l'enfant en rapport avec son parent à éviter.

-Neutralité.
Attitude du parent qui ne privilégiera aucune valeur morale, sociale, ne donnera pas de conseils à l'enfant, restera impassible devant toute situation ambiguë pour l'enfant.

-Remarques et allusions.
Toute remarque concerne toujours le résultat médiocre des rencontres avec l'autre parent. Des allusions sont émises à tout instant. L'enfant grandit dans une atmosphère abominable.

LES CROYANCES DE L'ADULTE SE TRANSMETTENT A L'ENFANT

Très facilement, avec beaucoup d'influences. Elles laissent des traces. Les agissements de l'enfant sont marqués par ce que lui a transmis le parent hébergeant, les théories de celui-ci seront donc très importantes aux yeux de l'enfant. De la prudence est recommandée, cela fait partie de la bonne éducation.

DEROULEMENT

Obstruction de contacts directs ou indirects

Par crainte d'actions violentes de l'autre parent, on empêche des contacts téléphoniques ou directs. Craintes d'une mauvaise éducation aussi, d'une trop grande liberté de propos ou d'actions dans cette « autre famille ».

Allégations de maltraitance

Maltraitance physique ou morale. La première se passe de commentaires, la seconde comprend la vision de films, les rencontres amoureuses, enfant présent. Même si ces faits sont réels et restent acceptables, ils sont ensuite exagérés et peuvent devenir des plaintes à la Justice.

Relocalisation

Le déménagement est un moyen de s'éloigner de l'autre parent. Il est prétexté à tort ou à raison. Si l'enfant continue néanmoins de le voir, cela n'est pas trop traumatisant.

Enlèvement

En Belgique il y en aurait 150 par an. Le parent auteur veut reprendre sa propriété, ou remettre l'enfant dans sa culture d'origine ou l'écarter suffisamment de l'autre parent.

Le « passage du temps »

« Le temps arrange bien des choses ». Il n'empêche que pour les parents délaissés, oubliés, l'épreuve est lourde à supporter. Un espoir reste : le retour spontané ou organisé des enfants, mais en général le parent aliéné est délaissé très longtemps. Après l'âge de 12-13 ans, la récupération est difficile.

LES ARGUMENTS DES OPPOSANTS

« On ne peut forcer un enfant à aimer quelqu'un ». Il faut penser à la normalité des liens humains : les parents ont des enfants, et ceux-ci des parents. Ils sont la source de leur développement. Il faut essayer, de l'extérieur, de raccommoder les liens, recréer les relations. Elles sont vitales pour l'enfant.

LES CONSEQUENCES POUR L'ENFANT

Réflexions d'avant-propos

L'adulte doit admettre qu'il est nécessaire pour l'enfant de voir son parent délaissé. Doit-on toujours respecter le choix de l'enfant ? Non, s'il est destructeur pour son avenir. On pense aussi qu'un enfant a déjà assez souffert du divorce et qu'on doit le laisser tranquille, ne pas le forcer à voir 1' »autre ». NON ! Il doit le voir. Il en souffrira ? Peut-être, mais il le faut. Exemple de la crise d'appendicite :

une telle crise fait souffrir, l'hôpital aussi fait souffrir mais il faut y passer pour guérir. On prend parfois l'exemple du jugement de Salomon : un bon parent doit laisser l'enfant à l'autre s'il le désire. NON ! cette comparaison est mal choisie.

Un enfant ne ment pas, dit-on. En réalité pour lui, sa version est devenue réalité psychique (réalité factuelle).

Une question dans l'assemblée amène la réponse suivante :

Les opposants croient dur comme fer ce qu'ils disent (évitement de la dissonance cognitive). Leur prouver leur tort accroît même leur entêtement. Le parent aliénant se place dans ce contexte.

Un commentaire venant de l'assemblée :

On devrait parler de « destruction du lien parental » au lieu d' « aliénation ».

Clivage :Deux mondes s'ouvrent à l'enfant, un bon et un mauvais. Cette vision peut déboucher sur une schizophrénie identitaire.

Racine identitaire : Qui sui je ? Où vais-je ? L'enfant est désemparé.

Abolition de la distance intergénérationnelle

L'enfant ne peut prendre le pouvoir sur les deux parents même sur le parent aimé. Il n'est pas développé, il ne peut agir comme s'il l'était. Il ne faut pas laisser s'installer ce climat car les parents en deviendraient victimes. Par ce comportement, l'enfant, plus tard, aura difficile de se tenir droit dans la société. Les valeurs du respect, de l'obéissance n'auront aucune signification pour lui. Ce sont des constatations avérées.

LES CONSEQUENCES POUR LES PARENTS

Le parent aliéné

Tout est interprété à son désavantage, même par les enfants. C'est une situation intenable, même si elle tient compte de l'intérêt de l'enfant.

L'aliénant

Les années prochaines pourraient lui être dures à supporter car « l'enfant-roi », en grandissant, aura des exigences plus fortes. Ils en souffriront tous deux. Même si l'enfant adolescent commence à revoir l'autre parent soit par thérapie ou par volonté personnelle, l'aliénant ne sera pas heureux et pensera que « rien n'est juste pour lui ». Toutes ses démonstrations aliénantes n'auront servi à rien.

REMEDES

Suivant la sévérité de l'aliénation parentale :

Légère : les interventions psycho-sociales suffiront

Modérée : les interventions psycho-sociales et juridiques seront pratiquées de pair.

Sévère : les interventions judiciaires seront le seul remède.

Ce classement ne fixe pas le problème dans chacun des cas car le phénomène y évolue. L'appareil judiciaire doit intervenir le plus tôt possible car les psychologues ne sont guère efficaces. L'enfant doit savoir qu'il ne peut mépriser l'un de ses parents, faire la loi lui-même.

Que peut faire le parent aliéné

-La loi interviendra, il doit réagir, dénoncer les comportements aliénants. Le juge trouvera les moyens adéquats pour aider ce parent infortuné.

Les interventions psycho-sociales

-La médiation. Organiser des rencontres. Parler aux parents séparément, ensemble... -La thérapie. Il faut tout d'abord la volonté de tous d'en sortir.

Les interventions par voie clinique n'apportent pas toujours le résultat escompté. Elles n'ont pas force de loi.

Les interventions judiciaires

- Les visites obligatoires. Le juge décide cela mais elles ne sont pas souvent respectées par le parent hébergeant. De « petits événements subits » en empêchent souvent le bon déroulement. -La garde alternée. Elle est inscrite dans la loi. Le juge l'applique ou non, il décide après examen de chaque cas. Dans les cas graves d'aliénation parentale, elle doit être appliquée afin de réduire tout comportement anti-social, à moins qu'une situation exceptionnelle du cas ne l'y autorise pas.

- L'utilisation des milieux de visite (espace-rencontre) est une solution (provisoire). Elle permet à l'enfant de rencontrer son parent, les contacts pourraient devenir de plus en plus chaleureux. C'est un des moyens parmi d'autres qui peut donner des résultats.

-L'hébergement en milieu neutre n'est à décider que lorsqu'on a épuisé toutes les possibilités d'éducation de l'enfant. Y a-t-il peut-être dans sa famille, un grand-parent, un oncle, une tante qui demande de l'héberger, qui veut s'occuper de cet enfant qu'il connaît depuis sa naissance. -Le changement de milieu de garde. Elle devrait être appliquée dans les cas d'aliénation parentale graves ou dans les non-respects des rendez-vous de visites. Il faut insister sur ceux-ci ; si rien ne change, il s'agira de décider d'une organisation de garde alternée, même d'une rupture d'un ou deux mois avec le parent aliénant ou, en dernier ressort, changer la garde, un certain temps ou définitivement.

Le seul but est d'éviter que l'enfant ne grandisse dans un milieu anti-social complet. Les cas sont différents, les remèdes employés le seront aussi, mais, bien étudiés, on constate de grandes améliorations dans l'évolution de l'enfant, même des guérisons. Les contacts se sont normalisés et les intervenants sont heureux de voir aboutir toutes les bonnes volontés qui ont oeuvré dans l'intérêt de l'enfant.

Réponse à une question

Le grand problème est celui du « temps qui passe » (expertises, nouveau jugement, mesures provisoires (le pire de tout) les faits nouveaux, les révisions... Voir les cas où les solutions ont été apportées et en tirer les conclusions.

Note du rédacteur

Il ne faut pas se méprendre, dans cet exposé, sur la tendance, peut-être apparue, des exemples qui prennent les épouses comme parents aliénants. Le texte eut été lourd de toujours citer les deux parents comme aliénants probables. S'il est constaté que la majorité des cas implique la maman comme parent aliénant, il faut se rappeler qu'elle est le plus souvent la gardienne désignée ou même naturelle, d'où la propension à l'accabler.

Les pères aliénants existent aussi. Chaque cas d'aliénation parentale d'où qu'il provienne a son lot de difficultés de longue durée. Ils en souffriront. TOUS.