Manuel de survie pour parents d'ados qui pètent les plombs


Oui, on peut rêver, mais on peut obtenir ce petit manuel illustré avec beaucoup d’humour, en s’adressant à son éditeur « yapaka@yapaka.be » (action de la Communauté française)

ça commence comme ça :

« Je ne le reconnais plus. J’ai mis au monde un beau bébé. J’ai élevé un enfant adorable.

Et là, patatras ! Mon fils est devenu une sorte d’ « alien ». Il était affectueux et se comporte maintenant comme un ours. Il ne demande plus, il exige. Il ne mange plus, il s’empiffre. Il ne rit plus, il ricane. Il ne s’habille plus, il a l’air d’un clochard. Dois-je le mettre en cage ou le lâcher dans la nature ? »

« Evidemment que mes parents comptent toujours sur moi. Eux prétendent le contraire. Ils ne comprennent pas que j’ai juste besoin qu’ils me lâchent un peu.

« Si Grégory avait été un enfant du placard, il aurait de bonnes raisons de nous rendre la vie impossible, mais on a toujours tout fait pour qu’il ne manque de rien. Alors, pourquoi nous traite-t-il comme des chiens, sa mère et moi ? »

« Mon père me gonfle avec ses leçons. Il espère m’impressionner, mais il se fourre le doigt dans l’œil ; il me donne plutôt envie de déconner. Qu’il m’engueule un bon coup, ce sera moins minable. »

« On ne demande si on a loupé quelque chose dans l’éducation d’Anna. Mais on a beau passer en revue les étapes de son enfance, on ne trouve rien d’aberrant. On l’a dorlotée… C’est complètement déconcertant, on ne sait plus à quoi se raccrocher. Est-ce que tous les jeunes sont comme ça ? »

« C’est déjà assez dur, la vie. Alors, franchement, c’est lourd de sentir que mes parents ont la trouille dès que je bouge. »

« Notre fils de douze ans vient de changer d’école et, à peine arrivé, il a choisi pour amis deux gosses à problèmes. L’autre jour, sous l’influence du fameux Cédric, ils sont rentrés avec plus d’une heure de retard. Les parents étaient fous d’inquiétude. J’ai engueulé mon fils mais il se réfugiait bêtement derrière l’idée que c’était Bryan qui les avait entraînés. Je lui ai demandé ce qu’il ferait lorsque Cédric lui filerait une canette de bière ou un joint ? J’ai quand même ajouté que j’attendais que ce soit lui qui influence Cédric et non l’inverse. »

« Papa a trouvé des places pour aller voir mon groupe préféré. Lui m’aurait laissé aller avec une copine (il déteste cette musique) mais ma mère veut venir avec moi. Bien sûr, je n’ai que quatorze ans mais ça va être la honte d’être là avec elle. Mon père a pigé. Sans vexer maman, il a suggéré que ce soit ma cousine qui m’accompagne. Elle a 18 ans, c’est déjà mieux. »

Les adolescents exaspèrent souvent leurs parents. Ils ne le font pas toujours exprès ; ils en bavent, eux aussi. Ils sentent qu’ils changent, et ça les dépasse. Leur corps leur donne des complexes, leurs émotions les submergent. Ils passent du rire aux larmes en un rien de temps et personne ne s’y retrouve. Ils manquent de mots pour dire ce qui leur arrive, et ceci est d’autant plus frustrant pour les adultes.

Les adolescents ont besoin d’être ensemble. Pour se démarquer de la famille, faire groupe leur est nécessaire. Mais comme ils sont tous dans la même galère, discuter entre eux ne les aide pas toujours. Dans ce contexte, les ados sont parfois irrités quand leurs parents cherchent à dialoguer. Ce n’est pas une raison pour s’en abstenir.