Extrait de ''Guérir'' Dr David Servan-Schreiber

" Il y a des moments où l'économie d'une société ressemble à celle de nos choix personnels. La crise économique qui a débuté il y a un an exactement a démontré la faillite d'un système qui ne poursuit plus que l'appât du gain en trahissant ses valeurs fondamentales comme l'intégrité, la bienveillance, ou l'équité. Cela ressemble à ce qui arrive généralement à nos vies personnelles lorsque nous privilégions la réussite personnelle, matérielle aux dépens de nos valeurs. Une très belle voix s'est élevée pour décrire ce que vit un pays lorsqu'il se consacre uniquement à la croissance de son « produit national brut ".

Pendant longtemps, il semble que nous ayons abandonné les valeurs d'excellence et de communauté au profit de l'accumulation des biens matériels. Notre produit national brut comptabilise la population de l'air, la publicité pour les cigarettes, l'activité des ambulances sur nos autoroutes. Il prend en compte les serrures de haute sécurité pour nos portes et la construction des prisons pour ceux qui les forcent. Il prend en compte la destruction de nos forêts et la perte de nos merveilles naturelles devenues des déserts chaotiques. Il comptabilise les ogives nucléaires, et les voitures de police blindées pour faire face aux émeutes dans nos rues.

Mais le produit national brut ne mesure pas la santé de nos enfants, la qualité de leur éducation, ni la joie de leurs jeux. Il n'inclut pas la beauté de notre pensée, ni la solidité de nos mariages ; ni l'intelligence de notre débat public, ni l'intégrité de nos politiciens. Il ne mesure ni notre humour, ni notre courage ; ni, non plus, notre sagesse ou notre volonté d'apprendre ; ni notre compassion ni notre attachement à notre pays. En bref, il mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue. »

Dr David Servan-Schreiber
Extrait de Guérir