Extrait d'un recueil écrit par le prophète Khalil Gibran


départ


L écrivain de Lyon
d'Esteban lucchesi


Nous sommes à Lyon un 8 décembre 2007. Tous les ans à la même date toute la population prépare leurs petits verres de couleur et leurs bougies pour fêter cette vieille tradition. Tous les quartiers,toutes les rues sont des émerveillements pour les passants ainsi que les visiteurs qui viennent simplement pour admirer ce spectacle. Tous les petits bouchons lyonnais ainsi que les grands restaurants sont pris d'assaut ce soir là. Pour une soirée Lyon devient une ville de milles et une lumières à la tombée de la nuit. Des brotteaux à la place Jean-Macé ou en passant par le parc de la tête d Or les habitants se ruent vers leurs fenêtres pour allumer leurs bougies et offrir une soirée étincelante.

Le parc de la tête d'or est la beauté et le joyaux de Lyon. Des millions de personnes ont franchi ses grilles doré. Là boulevard des Belges se dresse un immeuble cossu de six étages, d'une immense beauté. Les huit fenêtres de chaque appartement donnent sur le parc , elles sont illuminés comme chaque année à cette période. Mais dans cette bâtisse le seul appartement qui nous intéresse se situe au dernier étage. Avec sa terrasse immense arborait de végétation et d'un arbre qui ferait envie à plusieurs personnes.

Là vie un couple sans enfant. Cet homme est connu en France et même à l étranger. C est un écrivain célèbre donc ses romans se vendent par millions partout sur la planète. Il est de taille moyenne et âgé de 56 ans. Son visage est recouvert d'une barbe grisonnante toujours bien taillé. Sur son nez,des petites lunettes rondes affinent son visage. Il marche avec une canne en bois surmonté d'un cygne en ivoire. Cet homme s'appelle Édouard Prado. Quand il se replonge dans l'écriture d'un roman on l'aperçoit souvent assit dans le parc. Ce parc qui est fréquenté par des millions de personnes autant de personnages différents ou il tire son inspiration pour ses propres personnages. En ce moment Édouard se trouve à Amsterdam pour la promotion de son livre. Cette fois,il vient d'écrire un roman policier qui se passe dans sa propre ville qu'il adore. Quand il se trouve à Lyon, il passe souvent une partie de son matin dans un petit café, dans une petite ruelle à St Jean ancien quartier de cette jolie ville. Là il peut contempler les gens, les anciennes rues tout en étant installé en buvant son petit café. Ou il se trouve ses yeux divagues pour trouver un peu l'inspiration de ses personnages et parfois la trame de son histoire. Pour son dernier roman tout commence ici vers ce petit café, dans un immeuble qu'il avait regardé plusieurs fois.

Il vit avec sa femme Angélina originaire d'Italie, d' un petit village de Toscane qui s'appelle Castelnuovo Di Garfagnana. Des cheveux longs et noir, un visage qui respire la jeunesse et un corps longiligne font de cette femme une déesse. En la voyant personne ne lui donnerait véritablement son age. Elle a 43 ans mais les personnes qu'elles croisent se retournent sur son passage pour l'admirer. Ce qui la mais souvent en colère parce qu'elle voudrait passer inaperçue, mais simplement son sourire pourrait faire craquer n'importe quel être humain. Son mari est si jaloux qu'il refuse catégoriquement qu'elle travaille. Elle s'ennuie toute seul son mari part souvent pour la promotion de ses livres. Des fois elle fait les boutiques et quelques repas avec quelques amies mais sa vie reste tristounette depuis quelques années. C'est elle qui aide Édouard à la frappe de ses maquettes de roman. Elle se découvre plus comme une secrétaire et une femme d'intérieur pour son mari que sa propre épouse. Elle voudrait que son mari fasse attention à elle comme au début de leur vie. Mais elle n'ose pas lui dire et elle s'en contente.

De l'autre côté de la ville dans le 7ème arrondissement vit un jeune garçon prénommé Esteban Fioré âgé de 33 ans, originaire du Pays Basque. Il est venu à Lyon pour travailler. Il adore cette ville depuis qu'il est venu en vacance avec ses parents. Il s'était juré d'y revenir pour y habiter. Mais dans son cœur son village de naissance restera toujours le plus agréable. Ce jeune homme de taille moyenne avec des cheveux noir corbeau est très réservé et n'ose pas se mettre en avant, même dans son travail. Depuis son arrivée à Lyon, il a fait des tas de petits boulots pour subvenir à ses frais mensuel. Depuis quelques temps il vient de trouver un contrat dans une bibliothèque. Mais le soir en rentrant chez lui, personne ne l'attend simplement ces carnets et ses stylos. Sa vie il voudrait la faire en tant qu' auteur et pouvoir publier son roman d'aventure qu'il vient de finir d'écrire. Il vient de recommencer une nouvelle histoire car son bonheur c'est l'écriture. Il vit dans un petit logis sombre au 20 rue d' Anvers. La seul fenêtre de son logement débouche contre la façade de l'immeuble d'en face. Seul la route sépare ses deux bâtiments. Un intérieur un peu modeste avec un canapé fessant fonction de lit et en face une grande bibliothèque avec des livres de toutes sortes. Dans la minuscule cuisine on peut découvrir une petite cuisinière avec des meubles en pin. Au fond derrière un petit recoin se trouve une petite douche et un toilette simplement séparée par un rideau. Mais il s'en contente son univers et ses bouquins sont ses loisirs.

La journée, il rencontre des personnes de tout bord dans son travail. Certains de ses individus lui restent en mémoire jusqu'à son retour chez lui. La il couche ses personnages aux airs familiers sur papier. Ce lundi 9 décembre Esteban étant en repos décide d'aller se promener a la Part-Dieu. Un complexe ou se trouve des magasins, des commerces, des libraires, des cinémas et bien d'autres boutiques. Cet endroit est très convoité par les Lyonnais et par les personnes qui viennent visiter notre ville. En divaguant dans les allées Il fut interpellé par l'affiche d'une librairie. Il décida de s'approcher et sur cet encart publicitaire il y avait la photo et le nouveau livre de son idole Édouard Prado. Il dédicacera son ouvrage dans cet endroit le samedi 14 décembre. Esteban qui avait acheté tous ses romans ainsi que le dernier attendait cette entrevue avec impatience. Il ne tenait plus en place un rêve merveilleux pour lui et il espérait pouvoir parler à son mentor. Pendant ce temps Édouard était à Amsterdam pour la promotion de son nouveau livre. Ce vendredi 13 décembre notre écrivain repris l'avion pour revenir à Lyon. Sa femme arriva a l'aéroport Saint-Exupéry pour l'attendre. L'avion se posa et notre écrivain se dirigea dans l'aérogare pour rejoindre sa femme. Il l'aperçut et en arrivant à ses côtés il lui fit un bisou sur la joue. Elle était vraiment déçu par ce geste. Il récupéra ses bagages et s'engouffra dans sa voiture pour rentrer chez lui. En arrivant dans son appartement il ouvrit son courrier tandis que sa femme rangeait ses vêtements qu'il avait emmener avec lui. Elle lui rappela qu'il devait se rendre demain a la Part-Dieu demain pour 10 heures pour la dédicace de son roman. Il revient dans la chambre et demanda à Angelina de préparer son costume gris et de repasser sa chemise blanche. Il voulait que tout soit parfait pour ce rendez-vous. Il retourna dans le salon et enfila son manteau. Il appela un taxi pour pouvoir se rendre dans son café favori dans le vieux Lyon. Là assis à la terrasse du bistrot, il ne se soucié guère de sa femme qui était resté seul pendant une semaine. Il trouvait normal de pouvoir mener sa vie comme bon lui semble. Beaucoup de badauds qui passaient dans la ruelle l'aperçut assis devant son café. Les personnes n'osaient pas l'aborder et lui fessait simplement un petit signe de la main. Édouard lui rétorquait par un petit hochement de la tête. En venant ici, il pouvait mesurer sa popularité dans sa ville. Après ce moment passait en toute tranquillité, il décida de rentrer chez lui. En arrivant il enleva son manteau et se dirigea vers son bureau où il s'enferma jusqu'à la fin de la soirée. Angélina prépara à manger et appela Édouard qui dénia sortir de son domaine. Il mangea et se dirigea vers sa chambre pour aller se coucher en laissant tout sur la table. Sa femme débarrassa et après un moment alla se coucher dans la chambre d'ami elle n'en pouvait plus de cette désinvolture. On était samedi matin, il enfila son costume et pris sa canne dans la main gauche, il était près à partir, sa femme aussi. Comme d'habitude il n'eut aucun signe pour son épouse. Angélica devait être présente à ses cotés et l'accompagner jusqu'à la librairie. Là bas tous les employés s'activaient à la mise en place pour ce grand rendez-vous. Sur les murs de la devanture de grandes affiches avec son livre et son visage annonçais sa venue. Mais des son arrivée notre écrivain fit tout changer de place dans la librairie. Il pensait qu'il n'était pas mis en valeur dans ce petit coin. Il voulait être à l'entrée pour que tout le monde puisse l'apercevoir de l'extérieur. Edouard exigea aussi deux gardes du corps pour le protéger. Sa femme n'en croyait pas ses yeux de l'attitude de son mari et préféra aller faire un tour dans la galerie commerciale. Le directeur de la librairie n'avait pas prévue tous ses changements de dernière minute. Il remplaça les deux vigiles qui était dehors par deux employés du magasin pour le satisfaire. Le directeur se demandait bien ce qu'il pouvait regarder comme ça. Edouard n'arrêtait pas de scruter les différents endroits de la pièce. Il restait cinq minutes avant l'ouverture des portes et notre dirigeant ne s'attendait pas à ce nouveau caprice. Il voulait faire déplacer le présentoir de ses livres vers l 'entrée pour qu'il soit plus accessible. Il en resta bouche-bée mais il décida que ce n'était pas possible en si peut de temps. Édouard se mit dans une colère immense et demanda à une employé de lui amener un café deux minutes avant l'invasion du public. Dehors une foule compacte attendait l'ouverture pour faire dédicacer leur roman. Dans les premières personnes Esteban était la présent. Il était venu de bonne heure pour être dans les premiers mais beaucoup de personnes avaient fait comme lui. Il n'aurait raté pour rien ce moment magique. Car c'était la première fois qu' Édouard dédicacé un livre dans sa propre ville. Ce n'était pas tous les jours qu'un Lyonnais été mis autant en valeur. C'était l'heure d'ouvrir les portes pour laisser ses personnes dédicacer leurs livres et apercevoir leur écrivain de près. Ce fut le tour d'Esteban, il tendit son livre et il apposa sa signature, lui rendit sans un mot. Esteban ne pouvait en rester là et il se mit à l'extérieur pour attendre le bon moment pour pouvoir lui parler. En attendant esteban fut fasciné par la déesse qui venait vers la librairie. C'était Angélica qui venait observé son mari de l'extérieur. Elle n'entra pas et s'installa à la terrasse du café qui se trouvait à proximité. Esteban n'en croyait pas ses yeux de voir une femme d'une telle beauté . Son regard se remit sur Édouard qui se leva de sa chaise pour se dégourdir les jambes. Il ne restait plus qu'une heure avant la fin de ce cérémonial. Mais son regard se portait de plus en plus sur les jambes longilignes et bronzés de cette charmante demoiselle. Il ne restait plus que quelques personnes qui attendait leurs tours et l'heure de la clôture allait toucher à sa fin. Il se faufila dans la file d'attente pour être le dernier et espéré bien lui parler. Plus l'attente diminuait plus notre jeune homme sentait son cœur battre la chamade,ses mains étaient m'ouate et sa gorge serrée. Il arriva à la hauteur d'Édouard et lui tendit à nouveau son livre. Il lui prit et l'ouvrit et il distingua sa signature en haut de page. Il releva les yeux et leurs regards se figèrent un instant. Esteban était anxieux de voir la réaction de son auteur favori. Ils étaient là face à face et notre jeune homme n'arrivait plus à sortir une syllabe de sa bouche. Tandis qu'Édouard lisait dans les yeux d' Esteban comme un livre ouvert. Il ne voulait pas faire le premier pas pour se rendre compte de l'importance de sa demande. Esteban était comme figeait dans la glace, comme si son corps n'était plus sous son contrôle. En un instant, Édouard baissa son regard sur la page du roman pour y inscrire une phrase. Il le retendit à notre jeune homme toujours en état d'hypothermie profonde. Esteban récupéra le manuscrit ouvert et son regard se posa sur la phrase écrite ou l'on pouvait apercevoir « une personne doit pouvoir exprimer ses émotions à tout moment,sans perdre son sang froid ». Ce fut la première fois de la journée ou l'on pouvait voir une émotion de gentillesse de sa part. En lisant cette phrase Esteban la reçu comme un coup de foudre et toutes ses torpeurs disparurent en un instant. On pouvait admirer se retour de flamme dans ses yeux. Esteban se présenta et commença à remercier son auteur pour ses romans. Ils se mirent à discuter du roman en toute liberté, il avait réussi à toucher le cœur de notre romancier. A cette instant dans l'allée, la silhouette d'Angélica s'avançait vers nos deux comparses en pleine discussion. Elle arriva à leur hauteur et Édouard présenta sa femme à Esteban qui était fasciné par la grâce et par sa prestance. La librairie allait fermer et notre directeur remercia notre écrivain pour son passage.

Tous les trois se dirigèrent vers la sortie pour rejoindre le véhicule de notre couple. En arrivant sur le parking Édouard donna rendez-vous à notre jeune auteur pour prendre le café le lendemain à quatorze heures. Il n'en croyait pas ses oreilles. Il avait réussi à approcher son auteur favori, discuter avec lui et être invité chez lui, c'était vraiment merveilleux. Édouard avant de monter dans sa voiture lui tendit sa carte de visite avec son adresse. Ils se serrèrent la main et la voiture disparue vers la sortie. Les yeux d'Esteban étaient pétillants, il était heureux mais il fallait aussi qu'il rentre. Assis sur le banc, il attendait son bus mais son esprit se remémorer cet événement. Dans le bus qui le conduisait vers la rue d'Anvers l'excitation de revoir Édouard l'obsédait. Il n'arrivait pas à chasser ce regard complice d'un moment de sa mémoire.

Il arriva chez lui et en posant ses clefs sur la table, il aperçut son propre manuscrit. Avant de ranger le livre d'Édouard il relut la phrase qu'il lui avait écrit. Mais une question lui trotter dans la tête, devait il emmener son essai demain? Cette question lui tortura son esprit une grande partie de la soirée. Dans sa sacoche qu'il prépara il y mit son manuscrit qu'il essayerait de sortir au moment opportun. La nuit fut très agitée tant d'image lui revenait en tête, surtout le visage d'angélica. Ce regard et ce corps l'obsédait et ne le laissait pas indifférent.




La Mouette vous offre ce texte extrait d'un recueil écrit par le prophète Khalil Gibran :


Alors une femme qui tenait un nouveau-né contre son sein dit : « Parle-nous des Enfants.»

Et il répondit :

"Vos enfants ne sont pas vos enfants.

Ils sont les fils et les filles de la vie qui a soif de vivre encore et encore.

Ils voient le jour à travers vous mais non pas à partir de vous.

Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne sont pas à vous.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées.

Car ils ont leurs propres pensées.

Vous pouvez accueillir leurs corps mais non leurs âmes.

Car leurs âmes habitent la demeure de demain que vous ne pouvez visiter même dans vos rêves.

Vous pouvez vous évertuer à leur ressembler, mais ne tentez pas de les rendre semblables à vous.

Car la vie ne va pas en arrière ni ne s'attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par lesquels sont projetés vos enfants comme des flèches vivantes.

L'Archer prend pour ligne de mire le chemin de l'infini et vous tend de toute Sa puissance pour que ses flèches s'élancent avec vélocité et à perte de vue.

Et lorsque Sa main vous ploie, que ce soit alors la plus grande joie.

Car de même qu'Il aime la flèche qui fend l'air, Il aime l'arc qui ne tremble pas. "


Khalil Gibran